Principes de traitements

Le traitement de la fibrillation auriculaire vise trois objectifs :

1. Contrôler la fréquence afin d’éviter que les battements du cœur soient trop rapides. Ce traitement se fait par des médicaments qui contrôlent les battements du cœur.

Il arrive que la fibrillation auriculaire provoque des battements lents ou que les médicaments visant à contrôler la fréquence des battements causent un ralentissement exagéré du cœur. Il est alors nécessaire d'implanter un cardiostimulateur (Pacemaker).

Il arrive aussi que les battements demeurent si rapides malgré la prise de médicaments, qu'il faille installer le cardiostimulateur pour ensuite permettre l'ablation du nœud auriculoventriculaire, un point de jonction entre les cavités supérieures et inférieures du cœur et qui permet à la fibrillation auriculaire de faire battre rapidement le cœur. À la suite de cette ablation, c'est le cardiostimulateur seul qui envoie l'influx électrique au cœur pour qu'il se contracte.

2. Contrôler le rythme, c'est à dire, éviter la réapparition de la fibrillation auriculaire.

Ce traitement est habituellement réservé aux personnes dont les malaises sont éprouvants, malgré les médicaments qui régularisent la vitesse des battements cardiaques. Il s'agit de médicaments antiarytmiques (il en existe plusieurs types) qui sont prescrits selon la condition médicale. Occasionnellement, il faudra procéder à une cardioversion électrique pour retrouver le rythme normal du cœur. Il s'agit de donner une faible décharge électrique sur la poitrine, sous anesthésie générale. Il arrive toutefois que des personnes continuent d'avoir des moments éprouvants de fibrillation auriculaire malgré les médicaments antiarythmiques. Des techniques d'ablation intracardiaque sont alors envisagées.

3. Commencer un traitement anticoagulant afin d'éviter la formation de caillots à l'intérieur du cœur.

Ces caillots peuvent causer une embolie en bloquant une artère d'un membre ou d'un organe, ou se rendre au cerveau et causer un accident vasculaire cérébral (AVC).


Le but du traitement de la fibrillation auriculaire est de soulager les malaises et d'éviter les visites à l'hôpital. Il permet aussi d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes tout en réduisant le risque d'embolie artérielle et d'accident vasculaire cérébral (AVC).

Ces objectifs sont au cœur de la prise en charge offerte par la clinique de fibrillation auriculaire du CHUM.

Médicaments pour contrôler la fréquence

+ Bêta-bloquants (Aténolol, Bisoprolol, Metoprolol, Nadolol, etc.)

+ Bloqueurs des canaux calciques (Vérapamil et Diltiazem)

+ Digoxine (Lanoxin ou Toloxin)

Médicaments pour contrôler le rythme

+ Amiodarone (Cordarone)

+ Flécaïnide (Tambocor)

+ Propafénone (Rythmol)

+ Sotalol (Sotacor)

Médicaments pour l'anticoagulation

+ Apixaban (Éliquis®)

+ Dabigatran (Pradaxa®)

+ Edoxaban (Lixiana®)

+ Rivaroxaban (Xarelto®)

+ Warfarine (Coumadin®)

Qu'est-ce qu'un cardiostimulateur (Pacemaker)

Appareil implanté sous la peau et relié au cœur par des sondes qui envoie des pulsations cardiaques si le rythme cardiaque est trop lent.

Ablation de la fibrillation auriculaire

L'ablation de la fibrillation auriculaire consiste à éliminer les foyers de fibrillation auriculaire dans le coeur par l'application de chaleur ou de froid. Cette technique est habituellement réservée aux personnes qui ont des malaises au cours des épisodes de fibrillation auriculaire et qui continuent d'en avoir malgré la prise de médicaments antiarythmiques. L'ablation peut aussi s'adresser aux personnes dont la rapidité des battements provoque une diminution de la force musculaire du coeur. Ces foyers de fibrillation auriculaire se trouvent dans les veines qui connectent les poumons à l'oreillette gauche du coeur, soit la cavité supérieure gauche du coeur qui reçoit le sang oxygéné.

Le taux de succès de cette intervention est d'environ 70 %. Ce taux est supérieur à celui des médicaments antiarythmiques, particulièrement lorsqu'il y a des épisodes de fibrillation auriculaire malgré la prise de ces médicaments.

L'intervention dure de 3 à 4 heures. Généralement, il faut d'abord passer un scan cardiaque pour obtenir des images précises du coeur et des veines des poumons, ainsi qu'une échocardiographie transoesophagienne réalisée grâce à une sonde à ultrasons captés par une sonde glissée dans l'oesophage (le tuyau qui se trouve entre la bouche et l'estomac) pour s'assurer qu'il n'y a pas de caillots dans le coeur. Un cathéter (tube de plastique) est passé à travers la membrane qui sépare l'oreillette droite de la gauche. Cette intervention comporte quelques risques :

  • saignements dans l'aine à l'endroit de l'insertion des cathéters
    (il y en a quelques-uns pour une procédure de ce type);
  • épanchement péricardique (accumulation de sang autour du coeur);
  • ischémie cérébrale temporaire;
  • accident vasculaire (cérébral ou embolie artérielle périphérique);
  • tachyarythmies (nouvelles arythmies rapides);
  • sténoses (rétrécissements) des veines pulmonaires;
  • paralysie du nerf phrénique (nerf qui permet au poumon de bouger).

Toutefois, la plupart de ces risques sont rares et temporaires, ou sinon des traitements pourront être proposés.

Tout est mis en oeuvre par les cardiologues-électrophysiologistes surspécialisés en ablation de la fibrillation auriculaire, ainsi que par l'équipe d'infirmier(ère)s et de technicien(ne)s qui les épaule dans les laboratoires du CHUM équipés des plus récentes technologies, pour minimiser ces risques et garantir le meilleur succès possible de la procédure.