Fibrillation auriculaire

La fibrillation auriculaire est une forme d'arythmie qui survient lorsque les battements deviennent irréguliers. Ces battements sont souvent plus rapides. Normalement, le noeud sinusal envoie les impulsions électriques pour faire battre le coeur. Lorsqu'une personne souffre de fibrillation auriculaire, l'activité électrique devient irrégulière dans les cavités supérieures de son coeur, appelées oreillettes.

La fibrillation auriculaire peut être temporaire (paroxystique), durer plus d'une semaine (persistante), ou devenir continuelle (permanente).

Avec le temps, la fibrillation auriculaire peut devenir persistante et même permanente. Certaines personnes souffrent dès le début de fibrillation auriculaire persistante ou permanente.

Anatomie du coeur

190214_illustration_anatomie_coeur.jpg

Oreillettes
Cavités supérieures du coeur. L'oreillette droite reçoit le sang du corps et l'envoie au ventricule droit. L'oreillette gauche reçoit le sang oxygéné des poumons et le transmet au ventricule gauche.

Ventricules
Cavités inférieures du coeur. Le ventricule droit envoie le sang vers les poumons pour y être oxygéné. Le ventricule gauche propulse le sang oxygéné dans le reste du corps.

Noeud sinusal
Foyer situé dans l'oreillette droite d'où proviennent les pulsations cardiaques.

Noeud auriculo-ventriculaire
Reçoit l'influx électrique du noeud sinusal et le relaie aux ventricules grâce à un réseau électrique
(faisceau de HIS, branches droite et gauche, et réseau de Purkinje).


L'action du noeud sinusal, du noeud auriculo-ventriculaire et du reste du circuit électrique permet la contraction des oreillettes, puis des ventricules.

Symptômes

Il arrive que des personnes ne ressentent pas de malaise pouvant leur faire croire qu'elles sont en fibrillation auriculaire. Il arrive aussi que le diagnostic se fasse par hasard au cours d'un examen de routine ou à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Cependant, les personnes souffrant de fibrillation auriculaire perçoivent habituellement que leurs battements de coeur sont irréguliers et rapides. Elles peuvent aussi être essoufflées, sentir un poids sur la poitrine, avoir des étourdissements, ressentir de la fatigue ou avoir moins d'énergie.

Examens

L'examen de base est l'échographie cardiaque. Ces images du coeur, prises par des ultrasons, fournissent des renseignements importants sur la force du muscle cardiaque, ses cavités et ses valves.

Un enregistrement en continu des battements du coeur pendant 24 heures (Holter, qui se fait à l'aide d'électrodes posées sur la poitrine et reliées à un boitier porté en ceinture ou en bandoulière) est souvent effectué pour évaluer la rapidité des battements du coeur, ce à quoi correspondent les symptômes et l'action des médicaments.

Selon les symptômes et les antécédents de chaque personne, d'autres examens peuvent être nécessaires pour évaluer l'état des artères du coeur ou éliminer de l'apnée du sommeil.

Traitement

Le traitement débute pour diminuer la rapidité des battements du coeur et pour éviter la réapparition de la fibrillation auriculaire, s'il le faut. Parfois, un médicament anticoagulant (qui éclaircit le sang) est nécessaire, car la fibrillation auriculaire favorise la formation de caillots sanguins à l'intérieur du coeur. Si un caillot se déloge, il peut bloquer une artère d'un membre ou d'un organe (embolie). S'il monte au cerveau, il peut causer un accident vasculaire cérébral (AVC).

Le flutter auriculaire

Le flutter auriculaire est une arythmie considérée « cousine » de la fibrillation auriculaire puisque les symptômes, lorsqu'il y en a, sont identiques. Tout comme la fibrillation auriculaire, le flutter auriculaire favorise la formation de caillots dans le coeur qui peuvent se déloger et causer des accidents vasculaires cérébraux (AVC) en se rendant au cerveau ou des embolies artérielles en bloquant l'artère d'un membre ou d'un organe. Un traitement anticoagulant est d'ailleurs indiqué chez les personnes de plus de 65 ans ou chez celles qui souffrent d'hypertension artérielle, de diabète, de diminution de la force musculaire cardiaque ou qui ont déjà subi un AVC ou une embolie artérielle.

Cependant, contrairement à la fibrillation auriculaire, le flutter auriculaire se situe généralement dans l'oreillette droite, la partie supérieure droite du coeur et forme un circuit bien établi qui tourne en boucle. Puisqu'il s'agit d'un circuit bien délimité, le premier choix de traitement du flutter auriculaire droit est son ablation plutôt que la prise à long terme de médicaments. Une cicatrice de quelques millimètres est créée par l'application de chaleur dans une région précise de l'oreillette droite et ceci empêche le circuit de se former, comme un cerceau roulant sur lui-même qu'on bloque avec un bâton. Le taux de succès de cette procédure est de 90 % et plus. À l'occasion, avant de procéder à l'ablation, il faut d'abord passer une échocardiographie transoesophagienne. Ainsi, grâce à une sonde à ultrasons glissée dans l'oesophage (le tuyau qui se trouve entre la bouche et l'estomac), on s'assure qu'il n'y a pas de caillots dans le coeur avant l'intervention.

Les risques de l'ablation du flutter auriculaire droit sont mimines. Néanmoins, on pourrait constater des saignements dans l'aine au site d'insertion des cathéters (petits tubes de plastiques utilisés pendant l'ablation), ou exceptionnellement un saignement dans l'enveloppe du coeur (épanchement péricardique), ou une fréquence cardiaque basse qu'il faudrait traiter par l'implantation d'un cardiostimulateur (Pacemaker).

Plus rarement, le flutter peut se produire dans l'oreillette gauche, la partie supérieure gauche du coeur. On opte pour le traitement par médicaments pour ralentir la vitesse du coeur ou maintenir son rythme normal. En cas d'échec, il est possible alors de considérer son ablation. Il faut traverser la membrane qui sépare les oreillettes droite et gauche à l'aide d'une aiguille comme dans le cas de l'ablation de la fibrillation auriculaire. Cette ablation dans l'oreillette gauche comporte les mêmes risques saignements que l'ablation du flutter dans l'oreillette droite ainsi que des risques d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) et d'embolies artérielles, qui sont néanmoins peu fréquents. Le circuit du flutter dans l'oreillette gauche peut parfois être moins bien délimité ou la cicatrice plus difficile à réaliser ce qui diminue le succès de la procédure à environ 80 %.

Il arrive souvent qu'une personne souffre à la fois de flutter et de fibrillation auriculaire. Il est possible de débuter par l'ablation du flutter auriculaire si celui prédomine, ce qui peut diminuer ou même éliminer l'apparition de fibrillation auriculaire. Si les deux arythmies sont aussi présentes l'une que l'autre chez un individu malgré un traitement par médicament ou qu'il s'agisse surtout de fibrillation auriculaire, il est possible de procéder dans une même intervention à l'ablation du flutter auriculaire et de la fibrillation auriculaire.