Le suivi à long terme

Après la chirurgie, complétée ou non par un traitement à  l'iode radioactif, il faut remplacer la fonction de la thyroïde.

La façon la plus simple et précise est la prise d'hormone thyroïdienne tout à fait semblable à celle que produit la thyroïde appelée levo-thyroxine ou T4. Ce médicament est pris par la bouche, idéalement seul et environ 1 heure avant la prise d'aliments. Dans le cas où la personne aurait besoin de prendre aussi du fer, des vitamines ou du calcium, il faut bien séparer la prise d'hormones thyroïdiennes de chacun de ces médicaments.

La dose de départ variera selon le poids de l'individu principalement. L'ajustement est fait à l'aide de prise de sang pour mesurer la TSH.

Dans le cas où le cancer est plus important ou avancé, on souhaitera donner une dose un peu plus forte que la normale d'hormones thyroïdiennes et on visera une TSH plus basse que la normale. Ainsi, on diminue le risque la maladie récidive ou recommence. S'il faut ajuster la dose d'hormones thyroïdiennes, on vérifiera à chaque changement la TSH dans le sang après 6 à 8 semaines.

Un autre test sanguin très utile dans le suivi du cancer bien différencié de la thyroïde est la mesure de la thyroglobuline dans le sang. La thyroglobuline est une substance (protéine) qui est produite exclusivement par la thyroïde, donc très spécifique aux maladies thyroïdiennes. La thyroïde normale produit de la thyroglobuline. Il est donc inutile de faire cette analyse chez les personnes qui ont encore leur thyroïde parce qu'elle sera élevée normalement. Par contre, chez les personnes n'ayant plus de thyroïde, la thyroglobuline devient très basse dans le sang. Elle devient alors un marqueur du cancer si elle s'élève, l'équivalent d'un signal d'alarme.

Pour le cancer médullaire de la thyroïde, le marqueur utilisé est la calcitonine. De la même manière, si la calcitonine s'élève dans le suivi d'un individu avec cancer médullaire de la thyroïde, il faut tenter d'identifier la source de la récidive pour adapter la meilleure forme de traitement à la situation.

On utilise aussi beaucoup l'échographie du cou dans le suivi des patients avec cancer de la thyroïde parce que cet examen permet de très bien évaluer les ganglions après la chirurgie. La fréquence avec laquelle on utilise l'échographie dépend beaucoup du risque initial de récidive de la maladie.

D'autres modalités d'imagerie, comme la tomographie thoracique, ou le tep scan sont parfois utilisées dans certaines circonstances où on recherche un possible récidive. Ce sont des circonstances qui sont plutôt rares.

Finalement, chez le patient ayant été traité à l'iode radioactif, il est souhaitable de vérifier, 1 an après le traitement,  que la thyroglobuline sous stimulation par la TSH recombinante ou artificielle (Thyrogen)  ne s'élève pas, ce qui est un excellent signe de rémission de la rémission.

Une fois ceci démontré, il est rare que l'on ait à répéter cet examen dans le suivi.