Anomalies vasculaires rares du cerveau : Le CHUM lance un centre de référence unique au pays


De gauche à droite : Lucie Paré, patiente de l’extérieur de Montréal, Dr Grégory Jacquin, neurologue vasculaire, Line Beaudet, infirmière et conseillère en soins spécialisés sénior – recherche clinique, Dr Christian Stapf, neurologue vasculaire, Dre Daniela Iancu, neuroradiologue, Dre Chiraz Chaalala, neurochirurgienne, Catherine Gagnon, patiente de Montréal, Dr Fabrice Brunet, président-directeur général du CHUM, Dr Michel Bojanowski, neurochirurgien, Dre Nicole Daneault, directrice du programme de santé neurovasculaire.

Le CHUM annonce aujourd’hui la création du Centre de référence des anomalies neurovasculaires rares du CHUM, une initiative unique au pays pour les patients porteurs de maladies souvent méconnues du système nerveux. Neurologues et neurochirurgiens vasculaires, neuroradiologues, radio-oncologues et autres professionnels de la santé mettent leur expertise en commun afin d’établir un diagnostic et d’offrir des soins hautement spécialisés aux patients provenant de toutes les régions du Québec. Cette prise en charge multidisciplinaire, intégrée et novatrice, permet non seulement de réduire le nombre de déplacements et les délais d’attente pour ces patients et leurs proches aidants, mais elle contribue également à l’amélioration des connaissances sur les malformations vasculaires du système nerveux, à travers la recherche et l’enseignement.

Pour le Dr Fabrice Brunet, président-directeur général du CHUM, « le Centre de référence des anomalies neurovasculaires rares est l’exemple parfait de l’approche globale de notre établissement en matière de médecine ambulatoire pour adulte, qui est d’offrir aux patients ayant des problèmes de santé complexes une approche intégrée leur permettant, grâce à la collaboration des professionnels et des spécialistes, de recevoir les meilleurs soins et services. »

Une visite, un diagnostic, un plan thérapeutique

Selon le Dr Christian Stapf, neurologue vasculaire et co-responsable du projet, le Centre de référence se distingue du fait que « les patients, en provenance de toute la province, peuvent obtenir, en une seule visite au CHUM, une exploration diagnostique, une prise en charge par plusieurs spécialistes et un plan thérapeutique multidisciplinaire. » Chaque semaine, tous les experts du Centre de référence se réunissent pour discuter des cas plus complexes. Afin d’assurer le suivi clinique de patients provenant de l’extérieur de la région de Montréal, la mise en place d’un système de téléconsultation est en développement.

« La participation au sein de plusieurs projets de recherche clinique est systématiquement proposée aux patients et à leurs proches, y compris des projets de suivi longitudinal, des études d’évaluation de la qualité de la prise en charge, des études thérapeutiques innovatrices, etc. », ajoute le Dr Grégory Jacquin, également neurologue vasculaire. La recherche est un élément majeur de l’évolution continue de la pratique médicale.

Le Centre de référence est finalement lié avec les programmes d’enseignement et de formation de toutes les surspécialités médicales et d’autres disciplines concernées afin d’assurer la participation systématique des post doctorants (fellows), des médecins résidents en neurologie vasculaire, neuroradiologie interventionnelle et neurochirurgie vasculaire ainsi que d’étudiants des cycles supérieurs.

Anomalies vasculaires : détection et traitement

La détection d’une anomalie vasculaire chez les patients s’effectue souvent à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Ces patients, âgés majoritairement de 20 à 40 ans, peuvent présenter d’autres symptômes tels que des crises d’épilepsie (épilepsie vasculaire), des maux de tête (céphalées secondaires) ou un déficit focal progressif. Parfois, une anomalie vasculaire du cerveau est découverte fortuitement dans le cadre d’une imagerie du cerveau, sans que le patient ait le moindre symptôme.

« Le diagnostic des patients atteints de ces maladies peu fréquentes s’avère parfois difficile, souligne la Dre Daniela Iancu, neuro-radiologue au CHUM. Les malformations artérioveineuses, les cavernomes, les anévrismes cérébraux familiaux ou la maladie de Moyamoya relèvent d’un bilan d’imagerie assez précis. » « Certains patients requièrent un traitement interventionnel, soit par neurochirurgie, par voie endovasculaire (neuroradiologie interventionnelle), par radiothérapie stéréotaxique, ou par une combinaison de plusieurs modalités », précise le Dr Michel Bojanowski, neurochirurgien vasculaire. Parfois, la symptomatologie des patients est parfaitement contrôlée sans qu’une intervention soit nécessaire. Les patients bénéficient d’un suivi médical multidisciplinaire et, selon leur condition, leurs besoins et leurs préoccupations, sont soutenus par des professionnels tels que : infirmières, physiothérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, nutritionnistes, psychologues, neuropsychologues ou travailleurs sociaux.

À propos du programme de santé neurovasculaire du CHUM

  • Plus grand programme au Québec et parmi les plus grands au Canada
  • + 800 admissions de patients victimes d’AVC par année
  • traitement spécialisé par thrombectomie pour plus de 250 patients par année (près de 50 % des patients traités au Québec)
  • Centre de référence AVC pour l'île de Montréal, Laval, la Rive-Nord et la Rive-Sud
  • Service de télémédecine AVC pour des hôpitaux de la moitié de la province (centre et ouest du Québec)