Des anticorps contre plusieurs virus de la grippe aviaire déjà présents chez l'humain
Une étude menée au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) apporte un nouvel éclairage sur la réponse immunitaire aux virus de la grippe aviaire. La majorité des participantes et participants possédaient déjà des anticorps capables de reconnaître plusieurs de ces virus, avant même de recevoir le vaccin contre la grippe saisonnière.
Pour mieux comprendre jusqu'où s'étend l’immunité aux virus de la grippe aviaire, Katrina Dionne, étudiante à l'Université de Montréal et doctorante au CRCHUM sous la direction du chercheur Andrés Finzi, de l'axe Immunopathologie, a analysé des échantillons sanguins recueillis avant et après la vaccination contre la grippe saisonnière auprès de participantes et participants de la cohorte des travailleuses et travailleurs de la santé du CHUM. Elle a ensuite évalué la capacité de leurs anticorps à reconnaître différentes souches de virus grippaux, dont plusieurs virus aviaires H5 provenant d'Amérique du Nord et d'Asie.
Ce que révèle l'immunité préexistante
Les résultats de l'étude publiée dans le Journal of Virology ont révélé que la majorité des participantes et participants possédaient déjà, avant la vaccination, des anticorps capables de reconnaître plusieurs virus de la grippe aviaire. Dans certains cas, ces anticorps étaient également en mesure de neutraliser les virus et de favoriser l'élimination de cellules présentant des protéines virales à leur surface grâce à l'action du système immunitaire.
« Ce qui nous a particulièrement surpris, c'est de constater que cette réactivité croisée était déjà présente avant la vaccination chez plusieurs participantes et participants. Cela soulève des questions importantes sur la manière dont nos expositions passées aux virus grippaux peuvent influencer notre réponse à de nouveaux virus aviaires », explique Katrina Dionne, première auteure de l'étude et boursière des Instituts de recherche en santé du Canada.
Selon Andrés Finzi et Katrina Dionne, cette immunité préexistante pourrait résulter de contacts antérieurs avec différents virus de la grippe ou encore de vaccinations reçues au fil des années. Les résultats suggèrent que l'histoire immunitaire de chaque individu contribue à façonner sa capacité à reconnaître de nouveaux virus apparentés.
Mieux comprendre la réponse aux virus émergents
L'étude montre également que la vaccination saisonnière contre les souches H1N1 et H3N2 induit, chez certaines personnes, des anticorps capables de reconnaître des virus H5Nx. Toutefois, la chercheuse et le chercheur n'ont pas observé d'augmentation marquée de cette réactivité croisée après la vaccination.
Ces résultats ne permettent donc pas de conclure que le vaccin saisonnier protège contre le H5N1 ou d'autres virus aviaires émergents. Ils soulignent plutôt l'importance de développer des vaccins spécifiquement conçus contre ces virus dans l'éventualité d'éclosions futures. « Cette étude nous permet de mieux comprendre l'étendue de l'immunité déjà présente dans la population contre certains virus de la grippe aviaire. Ces connaissances pourraient contribuer au développement de stratégies vaccinales offrant une protection plus large contre de futurs virus grippaux émergents », souligne Andrés Finzi.
Réalisée en collaboration avec des chercheurs du CHU Sainte-Justine, de l'Université Laval et de l'Université d'Ottawa, l'étude Pre-existing cross-subtype serological responses against H5Nx in health care workers a été publiée le 7 octobre 2026 dans le Journal of Virology.
Des anticorps contre plusieurs virus de la grippe aviaire déjà présents chez l'humain
Contribution