Naglaa Shoukry et Petronela Ancuta chercheuses de l’axe Immunopathologie au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), apportent un nouvel éclairage sur l’un des plus grands défis de la recherche sur le VIH : comprendre pourquoi le virus demeure présent dans l’organisme malgré les traitements.
Leurs travaux, publiés dans The Lancet eBioMedicine, révèlent que l’hépatite C pourrait contribuer à la formation de refuges où le VIH parvient à se cacher pendant de longues périodes, ce qui rend impossible son élimination complète.
Un refuge durable pour le VIH
Les travaux réalisés par Naglaa Shoukry, Petronela Ancuta et leurs équipes démontrent que chez les personnes atteintes d’une infection par l’hépatite C, certaines cellules immunitaires deviennent plus vulnérables à l’infection par le VIH. Ainsi, ces cellules produisent davantage la protéine CCR5, utilisée par le VIH comme porte d’entrée pour infecter l’organisme. Plus la quantité de virus de l’hépatite C dans le sang est élevée, plus ces cellules semblent facilement accessibles au VIH.
Même après la guérison de l’hépatite C et malgré un traitement antirétroviral efficace, des traces du VIH continuent de persister dans ces cellules. Les résultats suggèrent qu’elles pourraient jouer un rôle important dans le maintien des réservoirs viraux, l’un des principaux obstacles à l’élimination complète du virus.
Cette nouvelle étude apporte un éclairage sur la façon dont les réservoirs du VIH se forment et se maintiennent dans l’organisme. Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles stratégies visant à mieux cibler les réservoirs du VIH.
En identifiant les mécanismes qui permettent au virus de se cacher et de survivre à long terme, la recherche se rapproche d’un objectif poursuivi depuis plusieurs décennies : parvenir un jour à une guérison durable du VIH.
L’étude HCV-specific CD4+ T-cells are susceptible to HIV-1 and contribute to viral persistence during antiretroviral therapy, a été publiée dans The Lancet eBioMedecine, le 3 juillet 2026.
Réalisée en collaboration avec des clinicien(ne)s et chercheur(e)s de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, cette étude a bénéficié du soutien des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), des National Institutes of Health (NIH) et de l’Entreprise canadienne de guérison du VIH (CanCURE).
Cette étude représente une partie du travail de doctorat de Samaa Gobran qui a obtenu son titre de Docteur en Sciences de l’Université de Montréal en décembre 2025, sous la codirection de Naglaa Shoukry et Petronela Ancuta.