Troubles de l’alimentation : Des risques cardiovasculaires plus élevés pour les femmes atteintes de boulimie


Au cours de leur vie, de 1 à 3 % des jeunes femmes souffriront de boulimie selon Statistique Canada. Avec des répercussions dramatiques sur leur santé cardiovasculaire.

Dans un article publié dans le journal JAMA Psychiatry, l’équipe de la Dre Nathalie Auger, médecin et chercheuse au Centre de recherche du CHUM, rapporte que les femmes hospitalisées pour boulimie ont quatre fois plus de risque de souffrir à long terme de maladies cardiovasculaires que les femmes du groupe témoin.

Plus précisément, elles ont environ sept fois plus de risque de développer une cardiopathie ischémique ou de l’athérosclérose. Et, ces risques élevés perdurent jusqu’à sept ans après la dernière hospitalisation. Dans le cas de l’infarctus du myocarde par exemple, ces femmes ont toujours 22 fois plus de risques deux ans après leur sortie d’hôpital.

Les scientifiques révèlent que ces femmes admises pour boulimie ont aussi près de cinq fois plus de risque de mourir. Ils suggèrent donc que ces patientes bénéficient d’un suivi serré afin de prévenir les maladies cardiovasculaires et de limiter les facteurs de risques.

Pour information :

  • Dans cette étude longitudinale, 416 709 femmes hospitalisées au Québec ont été suivies pendant 12 ans de 2006 à 2018 pour caractériser les incidences de maladies cardiovasculaires et de décès. 818 ont été admises pour boulimie et 415 891 pour des événements liés à leurs grossesses (groupe témoin en bonne santé).
  • Dans 90 % des cas, la boulimie affecte les femmes. Le trouble débute la plupart du temps à l’adolescence ou au début de l’âge adulte.
  • Au Québec, l’anorexie, la boulimie et d’autres troubles de l’alimentation touchent plus de 100 000 filles et femmes.