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Faire équipe avec les patient(e)s

3 min
Dre Rahima Jamal

C’est une chance pour le CRCHUM que la Dre Rahima Jamal ait laissé de côté ses études en communication, après avoir constaté que la vulgarisation scientifique ne lui convenait pas. Aujourd’hui hémato-oncologue, chercheuse et directrice médicale de l’Unité d’innovations thérapeutiques (UIT), elle a parcouru un long chemin avant de mettre à profit son vaste savoir et son empathie dans le développement de traitements novateurs contre les mélanomes.

D’origine indienne, la Dre Jamal arrive au Québec à 12 ans et tombe sous le charme de Montréal. Une fois adulte, elle entreprend des études en journalisme, avant de bifurquer vers la biologie moléculaire, puis la médecine. Sa résidence en oncologie lui permet de découvrir sa véritable vocation : les études cliniques sur le cancer. 

Sa spécialisation en développement de médicaments à la Queen’s University, à Kingston, la mène finalement au CHUM, en novembre 2011. Elle y convainc Carole Jabet, alors directrice adjointe de la recherche au CHUM, d’utiliser les infrastructures disponibles créer un centre de recherche clinique spécialisé dans les phases précoces (phases 1 et 2). 

Une infrastructure d’avant-garde 

La Dre Jamal travaille alors à mettre sur pied l’UIT, dont elle assume la direction médicale depuis sa mise sur pied à l’automne 2018. Cette plateforme clinique innovante permet aux chercheuses et chercheurs de réaliser des projets qui nécessitent une surveillance étroite des personnes participantes. 

 Grâce à cette plateforme, nous proposons à certain(e)s patient(e)s québécois(es) des traitements de calibre mondial auxquels ils n’auraient pas accès autrement. C’est une grande richesse pour le Québec, affirme-t-elle. 

Son équipe et elle y effectuent des études cliniques de phases 1 et 2 notamment sur des personnes atteintes d’un mélanome qui ont reçu tous les traitements standards, sans que le pronostic de la maladie se soit amélioré. 

Par exemple, elles travaillent à mettre au point des molécules qui enlèvent le frein sur les lymphocytes T, une cellule immunitaire essentielle à l’élimination des tumeurs, ou encore des virus oncolytiques qui entrent dans la tumeur pour faire en sorte qu’elle se désagrège et libère une molécule reconnue par le système immunitaire.

Les microorganismes en renfort

En collaboration avec l’équipe multidisciplinaire du Centre du microbiote, dont fait partie le Dr Bertrand Routy, directeur du Laboratoire d’immunothérapie et d’oncomicrobiome du CRCHUM, la Dre Jamal effectue également des études de phases 1 et 2 sur les bienfaits des transplantations fécales dans le cadre du traitement de mélanomes et du cancer du poumon. 

Une première étude réalisée à l’UIT auprès de 20 personnes atteintes de mélanome de stade 4 a montré que la transplantation fécale augmentait l’efficacité du traitement du mélanome de 20 % — des résultats fort prometteurs. 

Il s’agit de la première étude démontrant qu’on peut modifier la réponse à l’immunothérapie grâce au microbiote. Les recherches visent aussi à déterminer quelle souche de bactérie est la plus efficace, la quantité idéale, les combinaisons de souches et la possibilité de recréer le microbiote in vivo.

 Nous avons fait des avancées impressionnantes en 10 ans, mais il arrive que les patient(e)s ne répondent pas au traitement. Dans ce cas, nous jouons un rôle de soutien, d’accompagnement. Il y a un partenariat qui se crée entre le médecin et le patient ou la patiente pour changer le parcours de la maladie. C’est une relation particulière, parce que les patient(e)s sont aussi investi(e)s que les médecins, ils se battent souvent pour leur vie et nous leur offrons une nouvelle chance de guérir — Dre Rahima Jamal 

Ce portrait est tiré de notre rapport d'activités 2022-2023

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