Traiter les AVC les plus graves : une course contre la montre

Traiter les AVC les plus graves : une course contre la montre

Le CHUM est l'un des seuls centres au Canada à disposer d’une équipe de sept neurologues qui se consacrent entièrement au traitement des maladies cérébrovasculaires comme les accidents vasculaires cérébraux (AVC). L’AVC ischémique, le plus fréquent (85 % des AVC), survient lorsqu’un caillot sanguin bloque une artère du cerveau. L’AVC hémorragique survient lors d’une rupture d’une artère dans le cerveau.

Le premier traitement requis lors d’un AVC ischémique est la thrombolyse. Ce médicament, administré moins de quatre heures et demie après l’apparition des symptômes, dissout le caillot sanguin. Néanmoins, lors d'un AVC ischémique aigu (le caillot est trop gros ou la zone non irriguée est trop importante), la thrombectomie endovasculaire est alors nécessaire en complément de la thrombolyse.

Le CHUM est l’un des quatre établissements de santé à offrir la thrombectomie et l’un des plus performants au Canada. « La thrombectomie endovasculaire est une intervention d'urgence pendant laquelle nous insérons un cathéter, par l’artère fémorale située au niveau de l’aine, que nous dirigeons jusqu’à l’artère bouchée par le caillot. Le caillot est alors retiré par extraction à l’aide d’un petit tuteur métallique ou par aspiration. Le flux sanguin peut de nouveau alimenter le cerveau. Cette intervention s’avère très efficace dans un délai pouvant aller jusqu’à six heures après les premiers signes d'AVC », précise le Dr Daniel Roy, neuroradiologiste d’intervention.

« De nouvelles études, auxquelles le CHUM a participé, nous amènent à considérer nos interventions moins en termes de délai suivant l’apparition des symptômes (4 h 30 à 6 h), mais davantage selon les résultats des scanners et angioscanners. Une évolution significative pour la prise en charge des AVC au réveil, notamment », souligne-t-il.

50 % des thrombectomies effectuées au Québec le sont au CHUM

Le CHUM est à l’origine d’une réorganisation, au sein du réseau de la santé, qui a permis de sauver de nombreuses vies. « Trop souvent, des patients victimes d’AVC aigu étaient d’abord admis dans un centre hospitalier secondaire avant d'être redirigés vers le CHUM pour recevoir la thrombectomie. Un délai supplémentaire de 100 minutes; trop long lorsque l’on sait que les victimes perdent 1,9 million de cellules cérébrales par minute », souligne la Dre Daneault.
Ainsi, depuis deux ans, les ambulanciers, lorsqu’ils détectent un AVC aigu sévère, conduisent les patients directement au CHUM. « Nous recevons principalement des patients de Montréal, de Laval et bientôt de la Montérégie. Nous effectuons 50 % des thrombectomies à travers la province », ajoute-t-elle.

Les bénéfices d’une telle réorganisation sont clairs et ont été démontrés. « Sur 100 patients admis à l’hôpital qui n’ont pu être traités (ex. : ils sont arrivés trop tard), environ 25 % n’auront pas de séquelles significatives trois mois après leur AVC. Grâce à la thrombolyse, près de 40 % des patients ne garderont pas de séquelles trois mois après. Avec la thrombectomie, près de 50 % des patients victimes d’AVC sévère garderont peu ou pas de séquelles. La thrombectomie est probablement l'un des traitements qui a amené les plus grands bénéfices pour les patients », se réjouit la Dre Daneault.

TéléthrombolyseSoigner les patients victimes d’AVC à distance grâce à la téléthrombolyse

En raison des particularités de la province, de nombreux patients vivant en région éloignée n’ont pas accès à l’expertise des centres hospitaliers tertiaires comme le CHUM. Ainsi, la téléthrombolyse leur permet d’avoir accès à la thrombolyse comme s’ils étaient à Montréal, à toute heure du jour et de la nuit.

Le CHU de Québec couvre les hôpitaux de l’Est-du-Québec, et les neurologues du CHUM interviennent à distance auprès des 15 centres hospitaliers du Centre et de l'Ouest de la province.

« L’urgentologue, qui reçoit un patient pour lequel il suspecte un AVC, contacte le neurologue vasculaire du CHUM de garde. Débute alors une visioconférence par laquelle le neurologue questionne l’urgentologue, procède à un examen physique du patient et analyse les résultats du scanner. Ensuite, les médecins décident conjointement d’administrer ou non la thrombolyse. Le neurologue du CHUM assure un soutien à l’équipe externe lors de l’administration du médicament et après le traitement. Pour les cas les plus graves, nous pouvons même décider d’un transfert en ambulance ou avion-ambulance pour effectuer la thrombectomie », explique la Dre Daneault.

La téléthrombolyse permet ainsi de rendre la thrombolyse accessible à un plus grand nombre de patients au Québec.

>> 62 000 personnes sont victimes d’AVC chaque année au Canada, dont 20 000 au Québec
>> L’AVC est la troisième cause de décès au Québec et la principale cause de handicap chez les adultes.

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>>> Cet article est extrait du dossier du CHUMAGAZINE Printemps-Été 2018 (Volume 9 - Numéro 2)