600 médecins et de nombreux partenaires se mobilisent pour le verdissement urbain


600 médecins, 600 autres professionnels de la santé et plus de 45 partenaires, dont le CHUM, se mobilisent pour des investissements majeurs récurrents dans le verdissement urbain. L'équivalent de 1 % des investissements annuels en infrastructures publiques, soit environ 170 millions de dollars investis chaque année dans le verdissement de nos villes, nos rues, nos écoles, nos hôpitaux et nos centres de la petite enfance permettrait de mieux protéger la santé de la population et, ainsi, de diminuer les coûts en santé.

« Le verdissement urbain permet de diminuer de 9 % le risque de maladie cardiovasculaire, » explique Dr Alain Poirier, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive. « Et ce n’est pas tout, selon des centaines d'études médicales, un verdissement urbain optimal qui viserait 40 % de canopée pourrait diminuer d'environ 39 % la prévalence du stress, 7 % la prévalence de la dépression, 11 à 19 % la prévalence de l'autisme, 14 % le risque de diabète, 13 % le risque d'hypertension artérielle, 40 % le risque d'embonpoint ou d'obésité, 6 % la prévalence de l'asthme, 10 % la mortalité respiratoire, 13 % la mortalité par cancer et de 10 à 20 % la mortalité générale prématurée. C’est important de connaitre et reconnaitre le rôle préventif que peuvent jouer les arbres urbains sur la santé de la population. »

« Le statu quo nous coûterait très cher. Les coûts annuels de ces maladies au Québec ont été estimés à plus de 26 milliards $. La prévention - même très partielle - de ces maladies par un verdissement efficace présente un potentiel énorme d'économies en coûts de santé, chaque année. Un simple 4 % de réduction de prévalence épargnerait 1 milliard $ en coûts de santé annuels » ajoute Jérôme Dupras, professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie écologique à l’Université du Québec en Outaouais et bassiste des Cowboys Fringants. « Au-delà des coûts, protéger la vie des québécois et québécoises est un devoir primordial du gouvernement du Québec. Il doit suivre les recommandations de ses spécialistes en santé. »

« Les changements climatiques sont une menace à la santé, et sont à l’origine d’un dangereux réchauffement de nos villes. Les arbres urbains offrent une réponse intéressante: en plus d’apaiser les humains, d’inciter à l’exercice et de stocker le carbone, ils captent jusqu’à 24 % des polluants atmosphériques, responsables de 3 800 décès par année au Québec. Il n’y a pas de meilleur climatiseur naturel que ceux-ci. En plus, ils protègent la population des changements climatiques! », renchérit Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, présidente de l’Association québécoise des médecins en environnement (AQME).

« Le verdissement des villes a fait ses preuves en termes de diminution de la morbidité, d’amélioration de la qualité de vie et de réduction des inégalités sociales en santé. Il s’inscrit parfaitement dans la vision du CHUM de contribuer à la santé et au mieux-être durable des personnes et de la population, notamment par le rehaussement de la qualité des environnements de vie. Rappelons d’ailleurs que le Centre de recherche du CHUM a intégré la santé des populations dans ses axes prioritaires de recherche et que les médecins de son Département de médecine préventive et santé publique œuvrent à promouvoir la santé environnementale, notamment dans le cadre du Centre de Référence sur l’Environnement Bâti et la Santé (CREBS) », indique Fabrice Brunet, président-directeur général du CHUM.

« La mobilisation du monde de la santé soutenue par plus de 45 partenaires issus de tous les secteurs de notre société démontre bien le consensus social qui existe présentement au Québec. Il faut que le gouvernement du Québec investisse massivement dans le verdissement urbain pour protéger la santé, le bien-être et la vie de la population et diminuer ainsi les coûts en santé. Cela doit se faire par, à la fois, la protection des arbres, boisés et milieux naturels existant en milieu urbain et la plantation massive d’arbres » conclut Dre Johanne Elsener DMV, conceptrice et coordonnatrice de Ça marche Doc!