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Qu’est-ce qu’une maladie associée aux IgG4? 

D’origine auto-immune, la maladie associée aux IgG4 est une pathologie fibro-inflammatoire pouvant toucher de nombreux tissus et organes. Elle peut également être associée à une vascularite de vaisseaux de calibres variés, des plus gros, comme l’aorte, aux plus petits, comme les veinules. Son évolution est souvent insidieuse et peut entraîner des lésions irréversibles des tissus et des organes. L’une des caractéristiques histologiques est l’infiltration des tissus par des lymphocytes et des plasmocytes, des cellules du système immunitaire acquis. Ces cellules expriment en quantité importante un sous-type d’anticorps appelé immunoglobuline G4 (IgG4). La réaction inflammatoire qui en résulte peut provoquer une cicatrisation anormale des tissus, appelée fibrose, et réduire le fonctionnement des organes touchés. L’augmentation du volume d’un organe peut même prendre l’apparence d’un processus tumoral. Les organes voisins peuvent aussi être comprimés, ce qui peut altérer leur fonctionnement.

Quels sont les symptômes d’une maladie associée aux IgG4? 

Certaines personnes peuvent ne présenter aucun symptôme au début de la maladie. Le diagnostic peut alors être posé au cours de l’investigation d’une lésion ayant l’apparence d’une tumeur. 

Quatre présentations typiques ont été décrites : une atteinte pancréatico-hépatobiliaire; une fibrose rétropéritonéale, avec ou sans aortite; une atteinte limitée à la tête, notamment aux sinus, aux oreilles et aux orbites; et la maladie de Mikulicz, qui touche les glandes lacrymales et salivaires, avec ou sans atteinte d’autres organes. Plusieurs organes sont fréquemment touchés de façon concomitante. 

 

  1. La pancréatite auto-immune de type 1, souvent asymptomatique, peut se manifester par un effet de masse causant une obstruction des voies biliaires. Elle peut aussi entraîner des pancréatites aiguës répétées ou une pancréatite chronique. Une cholangite sclérosante secondaire à une maladie associée aux IgG4 est également décrite. Les manifestations possibles comprennent la douleur abdominale, la jaunisse, le prurit, la diarrhée chronique avec selles grasses, le diabète et l’ostéoporose. 
  1. La fibrose rétropéritonéale peut être associée à une uropathie obstructive et même à une diminution du débit de filtration glomérulaire. Les manifestations rapportées comprennent des douleurs abdominales ou lombaires, un œdème des membres inférieurs ainsi que des symptômes généraux, comme la fatigue, la perte d’appétit et la perte de poids. Un syndrome inflammatoire peut également être présent. 
  1. En présence d’une atteinte crânienne, un gonflement orbitaire ou une protrusion des globes oculaires peut survenir, parfois accompagnée d’une vision double et d’un risque de cécité permanente. Une sinusite chronique avec destruction osseuse marquée, une perte auditive et une atteinte inflammatoire chronique des méninges sont aussi rapportées. 
  1. Dans la maladie de Mikulicz, les manifestations les plus fréquentes sont un syndrome sec et un gonflement des glandes salivaires (parotides et glandes sous-mandibulaires) et lacrymales. Une atteinte pulmonaire (fibrose ou épanchements) ou rénale (néphrite) peut aussi être observée. Une atteinte du pancréas est également rapportée chez près de la moitié des personnes touchées. 

     

Comment pose-t-on le diagnostic d’une maladie associée aux IgG4? 

Le diagnostic d’une maladie associée aux IgG4 repose sur la combinaison de plusieurs constatations et sur l’exclusion d’autres diagnostics précis. Il faut notamment démontrer l’augmentation du volume d’un ou de plusieurs organes habituellement touchés, ou leur envahissement par un processus fibro-inflammatoire. Une concentration sérique élevée d’IgG4 peut appuyer le diagnostic, mais ce résultat n’est ni sensible ni spécifique. Une évaluation histologique est généralement nécessaire afin de rechercher les anomalies caractéristiques, notamment une infiltration lymphoplasmocytaire IgG4+, une fibrose storiforme ou une phlébite oblitérante. 

Différents examens biologiques peuvent être réalisés pour évaluer la fonction des organes ciblés et l’activité de la maladie (par exemple, le dosage des immunoglobulines et du complément). Des examens d’imagerie peuvent également être nécessaires au diagnostic, au suivi et à l’évaluation de l’étendue de la maladie, notamment la tomodensitométrie, l’imagerie par résonance magnétique et la tomographie par émission de positons. Idéalement, une biopsie d’un tissu atteint (par exemple, une pseudotumeur) permet de confirmer les anomalies histologiques typiques. 

Quels sont les traitements?

Une réponse thérapeutique, souvent rapide, est attendue après le début du traitement. La corticothérapie systémique demeure la pierre angulaire du traitement. Toutefois, près de la moitié des personnes traitées peuvent présenter une récidive, ce qui peut nécessiter un traitement prolongé. L’ajout d’agents immunosuppresseurs biologiques, comme le rituximab, l’inébilizumab ou l’obexelimab, peut alors être envisagé. Des agents immunosuppresseurs conventionnels (par exemple, le mycophénolate mofétil, l’azathioprine ou le méthotrexate) peuvent aussi être utilisés. Certaines interventions peuvent également être nécessaires, comme la mise en place d’une endoprothèse biliaire, l’installation d’une sonde urétérale double J ou une néphrostomie percutanée.