Neuropathie héréditaire sensitive et autonomique de type II : la cause est enfin trouvée!

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10 Juin 2008

Des mutations au niveau d'un isoforme exclusivement neuronal causent cette grave maladie

Une étude et percée majeure décrivant l’existence d’une forme exclusive au système nerveux du gène WNK1, désormais identifiée comme l’isoforme WNK1/HSN2, à été réalisée par l’équipe du Dr Guy A. Rouleau et vient d`être publiée dans la revue The Journal of Clinical Investigation. Le laboratoire du Dr Rouleau fait partie du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) et du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Également professeur à l'Université de Montréal, le Dr Rouleau et son équipe ont permis d’établir que des mutations qui affectent l’isoforme WNK1/HSN2 du gène WNK1 expliquent désormais l’ensemble des cas de neuropathie héréditaire de type II.

L’observation de mutations spécifiques à WNK1/HSN2 chez des patients souffrant de neuropathie héréditaire de type II permettra maintenant de développer des modèles animaux de cette maladie et de mieux comprendre le rôle joué par ce gène et ses mutations dans la perte de sensibilité aux différentes sensations décrites plus bas.

La neuropathie héréditaire de type II est un trouble neurologique très grave, qui commence dans la petite enfance, et dans lequel il y a perte des perceptions reliées à la douleur, à la température et au toucher, à la suite de la mort des neurones sensoriels du système nerveux périphérique des membres inférieurs et supérieurs. Il n’existe malheureusement aucun traitement efficace pour lutter contre la neuropathie héréditaire de type II. En 2004, l’équipe du Dr Rouleau avait déjà identifié la séquence d’ADN encodant HSN2 comme étant celle d’un nouveau gène mais ses plus récents travaux montrent maintenant que cette séquence est plutôt liée à l’expression d’une forme exclusivement neuronale du gène WNK1; un gène sur lequel jusqu’à maintenant les mutations ne causaient qu’une forme d’hypertension connue sous le nom de Gordon Syndrome et où aucun isoforme spécifique au système nerveux n’avait été observé. Malgré la sévérité de la neuropathie héréditaire de type II, cette compréhension du rôle des gènes comme WNK1/HSN2, impliqués dans la perception de la douleur, représente à la fois une nouvelle avenue pour le développement de traitements contre la douleur, une meilleure compréhension de l’insensibilité à celle-ci et la possibilité d’un test diagnostique pour déterminer le risque ou la cause de maladie chez des individus à risque ou présentant des symptômes de cette maladie.

L’étude sur WNK1/HSN2 a principalement été réalisée au laboratoire du Dr Rouleau par deux de ses stagiaires postdoctoraux, les Drs Nathalie Girard et Masoud Shekarabi. Le Dr Faivre Laurence, de l’Hôpital d'enfants, CHU Dijon, a également participé à cette étude.

Ces travaux ont été subventionnés par les Instituts de recherche en santé du Canada.

L’article portant sur l’étude est disponible en ligne à www.jci.org/articles/view/34088/pdf.

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Source : Direction des Communications, CHUM
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