Une mise au point publiée par des experts internationaux et coordonnée par le Dr André Lacroix, chercheur au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), met en lumière une cause fréquente de l’hypertension artérielle, maladie hormonale émanant des glandes surrénales. Coup de projecteur sur l’aldostéronisme primaire (AP), une maladie largement sous-diagnostiquée.
Le Dr André Lacroix, chercheur de l’axe Cardiométabolique et endocrinologue au CHUM, a été invité à résumer à l’aide de ses collègues expert(e)s les progrès récents des connaissances sur les causes, les effets secondaires, les approches diagnostiques et les thérapies de l’AP.
Publié dans la prestigieuse revue Nature Reviews Disease Primers, l'article rappelle qu’un meilleur dépistage de cette maladie pourrait permettre à davantage de patient(e)s de recevoir un traitement adapté à la cause de leur hypertension et ainsi réduire le risque de complications cardiovasculaires et rénales.
Une surproduction d’aldostérone
L'aldostéronisme primaire résulte d'une production excessive d'aldostérone, une hormone stéroïdienne fabriquée par les glandes surrénales. Elle joue un rôle essentiel dans la régulation de la pression artérielle et de l'équilibre des sels minéraux dans l'organisme.
Lorsque l'aldostérone est produite en trop grande quantité, elle peut entraîner une hausse persistante de la pression artérielle et augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), d'arythmies cardiaques et d'atteintes rénales.
Cette maladie pourrait être à l'origine de près de 20 à 30 % des cas d'hypertension. Selon les études récentes, moins de 2 % des personnes atteintes recevraient un diagnostic spécifique. La majorité des patient(e)s sont donc traité(e)s pour une hypertension dite « essentielle », sans que la cause réelle de leur maladie ne soit identifiée.
Mieux dépister pour mieux traiter
L'un des principaux messages issus de cet article de revue est qu'un dépistage plus systématique pourrait changer considérablement le parcours de soins de nombreuses et nombreux patient(e)s. « Pour dépister cette maladie, une simple prise de sang permettant de mesurer les concentrations d'aldostérone, de rénine et de potassium est souvent suffisante comme première étape », explique le Dr André Lacroix.
Par la suite, il est essentiel d’identifier sa source puisque les traitements diffèrent selon l'origine de la maladie. Certaines formes d'AP touchent une seule glande surrénale et peuvent être traitées par chirurgie, d'autres affectent les deux glandes et nécessitent un traitement médicamenteux ciblé. Dans les deux cas, une prise en charge adaptée permet de réduire les risques associés à l'excès chronique d'aldostérone.
Pour le Dr André Lacroix, l'amélioration du dépistage constitue donc une priorité. Une meilleure identification de l'AP permettrait non seulement d'offrir des traitements plus ciblés, mais aussi de prévenir une partie importante des complications cardiovasculaires et rénales associées à l'aldostéronisme primaire.
À propos de cette étude
L’article « Primary aldosteronism » réalisé par le Dr André Lacroix en collaboration avec des clinicien(ne)s et chercheuses et chercheurs de Harvard Medical School, University of Calgary, Université of Turin, University of Michigan, Ludwig Maximilian University of Munich, National Taiwan University Hospital, Monash University et l’Université Paris Cité, a été publié en ligne dans Nature Reviews Disease Primers, le 25 juin 2026.
Vaidya A, Kline GA, Mulatero P, Turcu AF, Williams TA, Wu VC, Yang J, Zennaro MC, Lacroix A. l. Primary aldosteronism. Nat Rev Dis Primers 12, 39 (2026).