Trouble neurocognitif mineur

TROUBLE NEUROCOGNITIF MINEUR

Il est normal, jusqu'à un certain degré, que la mémoire change avec le vieillissement. Il ne faut donc pas s’inquiéter de souffrir d’Alzheimer au moindre oubli.

Il existe tout un spectre d'atteinte à la mémoire qui va du vieillissement normal à l’atteinte majeure retrouvée dans les maladies franches de la mémoire (démences) comme l’Alzheimer. Les démences sont d’ailleurs, maintenant appelées des troubles neurocognitifs majeurs. Entre les deux, nous retrouvons les atteintes cognitives légères aussi appelées trouble neurocognitif mineur.

+ Vieillissement normal

+ Trouble neurocognitif mineur

+ Trouble neurocognitif majeur

En vieillissant, dès l’âge de 50 ans, on note souvent les changements suivants sans qu’ils ne soient prédictifs d’une maladie de la mémoire à venir :

  • une difficulté avec les noms propres (chercher le nom d’un acteur, d’une ville, etc.);
  • des oublis bénins comme entrer dans une pièce et ne pas se souvenir temporairement pourquoi on y allait, oublier certains détails, avoir une idée « sur le bout de la langue »;
  • avoir un peu plus de difficulté à faire plus d’une tâche à la fois (moins attentif);
  • un certain ralentissement du processus de la pensée.

Ces changements sont légers et ils ne doivent pas être associés à un changement dans le niveau d’autonomie au quotidien. Généralement, la famille ne partagera pas les inquiétudes de la personne et aucune progression dans le temps ne sera visible.

La personne atteinte d’un trouble neurocognitif mineur et les personnes de son entourage perçoivent de légers troubles de mémoire plus marqués que dans le vieillissement normal, mais moins sévères que dans les maladies de la mémoire. Ces atteintes cognitives ne se répercutent pas sur le fonctionnement de la personne. Cette dernière réussit à vivre au quotidien sans avoir besoin de plus d’aide. Elle garde le même niveau d’autonomie connu. Ceci distingue les atteintes cognitives légères des maladies de la mémoire comme la démence d’Alzheimer.

Le trouble neurocognitif mineur se définit donc par deux composantes :

  • une atteinte de la mémoire qui est notée par l’entourage et l’évaluation cognitive;
  • un maintien de l’autonomie au quotidien.

En d’autres mots, la personne atteinte d’un trouble neurocognitif mineur peut :

  • oublier des noms, des lieux ou des informations données;
  • chercher ses mots;
  • prendre parfois un peu plus de temps pour effectuer des tâches;
  • avoir plus de difficultés à faire de nouveaux apprentissages;
  • investir plus d’effort et utiliser des stratégies (prises de notes, rédaction de listes) pour compenser ses incapacités.

Une baisse des capacités cognitives peut survenir, entre autres, dans le cadre d’une maladie chronique, d’une dépression ou à la suite d’un délirium. On notera souvent, pour certaines situations, une amélioration avec la stabilisation de la condition médicale ou l’atteinte sera stable au fil du temps. Par contre, chez certaines personnes, aucun facteur précipitant ne peut être identifié. Dans ces cas, les études n’ont pas réussi à déterminer les causes exactes, mais il peut s’agir d’un état qui précède une maladie de la mémoire franche. Cela ne signifie pas que l’un soit nécessairement suivi de l’autre, mais il faut rester vigilant et faire un suivi.

À ce jour, il n’est pas possible de prédire si un trouble cognitif mineur cheminera vers une véritable maladie de la mémoire. Toutefois, les études portent à démontrer qu’une personne atteinte d’un trouble cognitif mineur soit plus à risque de développer un trouble neurocognitif majeur. Il est donc primordial qu’un médecin fasse un suivi de la personne atteinte afin de pouvoir identifier tout déclin.

Le médecin fera un questionnaire complet auprès de la personne atteinte et de son proche. Il fera ensuite des tests de dépistage cognitifs adaptés au patient. Si des difficultés légères sont notées aux tests et que la personne est décrite comme ayant le même niveau d’autonomie qu’auparavant, le diagnostic de TNC mineur peut être soulevé. En général, les évaluations cognitives sont répétées aux 6 à 12 mois afin de suivre l’évolution et identifier tout changement. Quelques fois, des tests d’imagerie peuvent être requis pour aider à orienter le diagnostic ou une évaluation en neuropsychologie. Ceci permettra d’approfondir l’évaluation et l’adapter à l’âge et l’éducation de l’individu. L’ergothérapie peut également être utile pour objectiver l’autonomie de la personne.

Actuellement, il n’y a pas de médicament qui démontre une efficacité à prévenir ou à limiter le trouble neurocognitif mineur. Les traitements pour le trouble neurocognitif majeur ne sont pas indiqués.

Il existe toutefois des comportements à adopter qui peuvent limiter le déclin (voir ci-bas).

Lorsqu’une personne présente un vieillissement normal de sa mémoire ou un TNC mineur, certaines actions peuvent être entreprises pour tenter de protéger la mémoire. On suggère :

  • Entraînement cognitif
    Il est suggéré de s’adonner à des activités stimulantes qui demandent un effort cognitif (faire des mots croisés, lire un livre, découvrir de nouveaux loisirs).
     
  • Activités sociales
    Les activités sociales, qui créent des contacts avec les autres et entretiennent les amitiés, se sont démontrées bénéfiques.
     
  • Exercice physique
    L’activité physique est au cœur de la prévention du déclin de la mémoire. N’importe quelle activité physique est bénéfique et est encouragée. On sait même que les gens actifs dans leur vie de jeune adulte ont moins de risque de développer des troubles cognitifs plus tard.
     
  • La prévention et le contrôle des facteurs de risque vasculaires (maladie des vaisseaux sanguins) sont protecteurs pour le cerveau.
     
  • Des habitudes alimentaires, qui incluent les bases de la diète méditerranéenne (diète riche en fruits, légumineuses, légumes, céréales et poissons), sont des façons de maximiser la santé vasculaire.
     
  • Ces interventions permettent aussi de prévenir ou contrôler le diabète et l’hypertension artérielle, soient d’autres façons de réduire les risques d’atteinte vasculaire.

La personne pourra aussi adopter des stratégies pour mieux retenir l’information :

  • garder une routine et une bonne organisation;
  • placer les objets au même endroit;
  • prendre des notes, utiliser un calendrier;
  • faire des associations pour se souvenir des noms;
  • repasser l’alphabet pour retrouver un nom;
  • etc.