Symptômes comportementaux et psychologiques liés à la démence

Un grand nombre de personnes souffrant de démence présenteront des troubles du comportement ou des symptômes psychiatriques qui peuvent affecter de façon significative leur qualité de vie et celle de leurs aidants naturels.

Le cerveau est un organe complexe qui régule un ensemble de fonctions, dont la mémoire et le comportement. Ainsi, la mémoire n’est pas la seule fonction atteinte en démence.

Généralement, les troubles du comportement augmentent avec la progression de la démence. Cependant, ils peuvent se manifester à tous les stades de démence et même, plus rarement, en être les premiers symptômes.

Les changements de comportements ou de l’humeur les plus fréquents en démence sont l’apathie, la dépression et l’anxiété.

L’apathie est un manque de motivation faisant en sorte que les personnes atteintes requièrent beaucoup plus de stimulation et d’assistance pour accomplir une tâche. Elle est à distinguer de la dépression durant laquelle les individus ressentent une souffrance affective directement liée à leur dépression.

Certains changements pouvant être liés à la démence sont de nature psychiatrique :

  • Délires
    Ce sont des croyances non fondées sur la réalité (ex. : être convaincu que sa maison est envahie, que les choses ont été déplacées ou volées ou que leurs partenaires de vie ont été déloyaux.).
     
  • Hallucinations
    Voir, entendre ou sentir des choses qui ne sont pas réelles.

D’autres comportements en lien avec la démence peuvent aussi se manifester : l’irritabilité, l’agitation ou l’agressivité, l’errance, la désinhibition et les comportements sexuels inappropriés, les gestes répétitifs, les cris ou les vocalisations répétitives, les rituels d’accumulation, les troubles du sommeil et même parfois l’euphorie.

Les symptômes comportementaux sont souvent plus intenses en fin d’après-midi ou en soirée. C’est ce que l’on appelle le syndrome crépusculaire qui peut être associé à des troubles du sommeil.

Les comportements associés à la démence peuvent être une façon pour ces personnes de manifester leur détresse par rapport à leur maladie ou leur difficulté à comprendre leur environnement. Certains éléments peuvent provoquer ou amplifier ces comportements. Il peut être très difficile pour un individu de verbaliser ces éléments selon le stade de sa démence. Ces éléments peuvent être :

  • le manque de repère dans le temps ou le lieu;
  • un niveau de stimulation mal adapté (ex. : trop de bruit ou de personnes ou, au contraire, une sous-stimulation menant à l’ennui ou à un isolement social);
  • l’absence d’une routine quotidienne structurée et prévisible;
  • une approche mal adaptée à l’individu et à sa personnalité dans l’administration de ses soins;
  • un manque d’exposition à la lumière naturelle, durant le jour, pouvant affecter le sommeil nocturne;
  • un besoin non assouvi (ex. : la faim, la soif, le sentiment de sécurité, les interactions sociales);
  • un inconfort ou une douleur;
  • les symptômes d’une dépression non détectés;
  • une nouvelle condition physique comme une infection;
  • une diminution de l’ouïe ou de la vue;
  • les effets secondaires de certains médicaments ou de certaines substances (ex. : caféine, alcool);
  • un changement de repères, lors d’une hospitalisation, par exemple, peut faire ressortir certains comportements camouflés par une routine à domicile.

Approche non pharmacologique

Les approches non pharmacologiques sont les premières étapes pouvant aider à traiter un trouble de comportement.

Voici les principales actions à envisager :

  • ne pas juger ni réprimander la personne pour son comportement;
  • rester calme et de la rassurer :
    • identifier les éléments pouvant provoquer ou amplifier un trouble du comportement chez la personne, afin de les prendre en charge rapidement;
    • observer la personne atteinte et tenter différentes approches par essais-erreurs et selon le vécu propre à chaque individu.
  • maintenir ses capacités fonctionnelles, la valoriser dans les tâches qu’elle est encore capable d’accomplir, sa participation et d’encourager ses actions que ce soit pour ses soins personnels ou dans les activités auxquelles il participe quotidiennement.

Les contentions physiques sont rarement indiquées et utilisées uniquement lorsque la personne est agitée et dont le comportement, représente un danger imminent pour elle-même ou pour autrui. De telles mesures sont temporaires jusqu’à ce que d’autres interventions moins risquées soient mises en place.

Voici quelques exemples d’interventions que les équipes soignantes peuvent faire pour accompagner la personne présentant des troubles du comportement liés à la démence.


COMPORTEMENT

  • la personne est désorientée dans son environnement et entre dans les mauvaises salles au lieu de sa chambre.

EXEMPLES D'INTERVENTIONS

  • l’affichage d’un signe distinctif à sa porte de chambre lui permettrait de la reconnaitre (ex. : son nom en grandes lettres ou une image distinctive).

COMPORTEMENT

  • la personne refuse fermement de prendre sa douche le matin, en répétant l’avoir prise la veille.

EXEMPLES D'INTERVENTIONS

  • clarifier les habitudes d’hygiène de la personne :
    • Aime-t-elle prendre une douche le matin ou le soir?
    • Préfère-t-elle être accompagnée pour ses soins d’hygiène par un homme ou une femme?
  • protéger l’intimité de la personne tout au long des soins d’hygiène.
  • utiliser des méthodes de distraction en fonction des intérêts de la personne (ex. : musique, collation, promenade avant les soins).

COMPORTEMENT

  • la personne est désorientée dans son environnement et entre dans les mauvaises salles au lieu de sa chambre.

EXEMPLES D'INTERVENTIONS

  • l’affichage d’un signe distinctif à sa porte de chambre lui permettrait de la reconnaitre (ex. : son nom en grandes lettres ou une image distinctive).

COMPORTEMENT

  • la personne est désorientée dans son environnement et entre dans les mauvaises salles au lieu de sa chambre.

EXEMPLES D'INTERVENTIONS

  • l’affichage d’un signe distinctif à sa porte de chambre lui permettrait de la reconnaitre (ex. : son nom en grandes lettres ou une image distinctive).

Approche pharmacologique

Le traitement pharmacologique est souvent inefficace pour certains symptômes comme l’errance (marcher sans but précis), les cris ou les rituels d’accumulation.

Si une douleur mal soulagée est suspectée, des médicaments pour mieux soulager la douleur peuvent être pertinents.

Dans certains cas, comme la dépression ou l’anxiété, les antidépresseurs peuvent être indiqués dans le traitement des troubles psychiatriques liés à la démence. Les antidépresseurs peuvent également être efficaces pour atténuer l’agitation.

Dans des cas d’agitation ou d’agressivité modérée à sévère constituant un danger pour la personne ou pour autrui, ou dans des cas de symptômes psychiatriques causant une détresse importante (ex. : hallucinations visuelles envahissantes), on peut avoir recours à l’utilisation de médicaments appelés des antipsychotiques :

  • les antipsychotiques ont été associés à un risque augmenté de mortalité chez les patients atteints de démence et, comme les contentions physiques, peuvent mener à une augmentation du risque de chute;
  • bien que leur utilisation soit parfois inévitable, l’efficacité des antipsychotiques, leur dose et leur indication sont donc à réévaluer régulièrement par le médecin traitant :
    • les benzodiazépines, comme le lorazépam, peuvent être temporairement utilisés à de faibles doses dans certains cas d’agitation, mais ont un effet sédatif qu’il faut éviter à long terme.

Les symptômes peuvent s’améliorer avec le temps dans l’évolution de la maladie. Il est toutefois difficile de prévoir comment évoluera la situation de chaque personne.

Il est donc important de réévaluer les traitements et les approches proposées.

D’ailleurs, l’aidant doit toujours penser à sa propre santé et ne doit pas s’oublier à travers cette période difficile. Les troubles de comportements peuvent être source de détresse et il ne faut pas hésiter à chercher l’aide nécessaire auprès des ressources disponibles.

Pour des interventions plus détaillées selon les comportements :

Approche non pharmacologique - Ministère de la Santé et des Services sociaux

Société d’Alzheimer - S’occuper de quelqu’un

L’Appui

Le Baluchon Alzheimer

Aidant au quotidien - Institut universitaire de gériatrie