Perte de poids par dénutrition

Maintenir un poids stable est particulièrement important chez les personnes âgées. Si vous constatez que votre proche se nourrit moins ou s’il perd du poids, n’hésitez pas à consulter un médecin.

En vieillissant, il est normal de perdre entre 100 et 200 grammes (2 à 4 lb) par an, soit 1 à 2 kg sur 10 ans. Toute perte de poids supérieure devrait faire l’objet d’un suivi.

En vieillissant, plusieurs changements physiologiques modifient le rapport des personnes âgées à l’alimentation :

  • perte d’appétit, elles ne ressentent plus autant la faim;
  • satiété précoce, elles se sentent rassasiées plus rapidement;
  • perte du goût et de l’odorat;
  • diminution de la masse musculaire.

D’autres raisons peuvent expliquer ce changement. Il peut être le signe d’une maladie (ex. : cancer), d’un déséquilibre hormonal, d’une anomalie sanguine. Il se peut aussi que la personne oublie de manger. Il ne faut donc jamais banaliser la perte de poids.

Une perte de poids de 5 % ou plus du poids de la personne, au cours de la dernière année, requiert une évaluation.

Une perte de poids de 10 % ou plus en 1 mois, ou de 15 % ou plus en 6 mois est jugée sévère et nécessite une attention immédiate.

Enfin, toute perte de poids involontaire et persistante de 1 à 2 % par semaine doit être évaluée.

Lorsque les apports nutritionnels (calories, protéines, nutriments) sont insuffisants par rapport aux besoins de l’organisme, pendant une période prolongée, la personne peut souffrir de dénutrition.

Au-delà de la perte de poids, ceci entraîne un changement de la composition corporelle, ainsi qu’une diminution des fonctions musculaires et immunitaires (faiblesse, plaies, risque augmenté d’infections).

Elle peut être présente même chez une personne ayant un excédent de poids.

Signes de dénutrition et de perte de poids à surveiller :

  • vêtements trop grands;
  • plis de peau et atrophie musculaire;
  • fatigue;
  • réfrigérateur qui ne se vide pas;
  • isolement, ne pas sortir pour faire les courses;
  • constipation.

Les causes

Du point de vue médical, plusieurs facteurs peuvent causer une dénutrition : problème dentaire, maladie aiguë ou chronique, dysphagie (difficulté à avaler), dépression, troubles cognitifs (troubles de la mémoire et du langage), diète restrictive, médicaments, etc.

Des facteurs environnementaux et sociaux peuvent aussi expliquer une dénutrition : perte de mobilité, isolement social, ou difficultés économiques.

Une personne peut souffrir de dénutrition à son domicile ou même durant son hospitalisation. Il est primordial de l’éviter.

Lors de son séjour à l’hôpital, les équipes soignantes adaptent les soins aux personnes âgées pour éviter qu’elles ne perdent du poids.

Les conséquences :

  • risque d’hospitalisation;
  • chutes;
  • infections;
  • ostéoporose;
  • plaies de pression;
  • diminution de l'autonomie au quotidien;
  • diminution de la qualité de vie;
  • décès.

Il est donc primordial de prêter une attention particulière à l’alimentation des personnes âgées pour éviter toute dénutrition et perte de poids.

Si votre proche perd du poids ou si vos suspectez une dénutrition, n’hésitez pas à consulter un médecin. Celui-ci fera un bilan médical pour déterminer la cause (ex. : problème gastro-intestinal, dépression, cancer, troubles cognitifs, médicaments, etc.). D’autres tests, comme une prise de sang ou une imagerie (ex. : échographie abdominale, etc.), peuvent également s’avérer nécessaires.

Également, un suivi avec une nutritionniste est important. Grâce à son expertise, elle évalue l’état nutritionnel du patient et cible ses besoins. Elle fournit des conseils et propose des stratégies personnalisées, afin d’augmenter les apports alimentaires. Elle peut également arrêter des diètes qui ne répondent plus aux besoins de la personne (ex. : aliments à éviter, diète réduite en sel, diète pauvre en gras).

Afin d’optimiser la prise en charge, une équipe multidisciplinaire peut être impliquée : nutritionniste, travailleur social, pharmacien, ergothérapeute ou orthophoniste.

Cette prise en charge permettra notamment de :

  • traiter ses problèmes de santé qui ont mené à cette perte de poids;
  • préserver ou stimuler son appétit;
  • s’assurer qu’elle recevra une aide adéquate pour bien s’alimenter (ne pas sauter de repas, faire les courses, préparer les repas, apport suffisant en calories et protéines);
  • vérifier l’état de sa santé bucco-dentaire;
  • la diriger vers une équipe interprofessionnelle spécialisée en dysphagie (difficulté à avaler).

Finalement, il ne faut pas oublier l’importance de la prévention en faisant un suivi régulier du poids.

Stratégies pour favoriser les apports

Pour compenser la perte de poids, il faut miser sur une alimentation plus riche en calories et en protéines. En plus de la consultation avec une nutritionniste, voici quelques stratégies qui peuvent aider :

  • Assurez-vous que la personne reçoive l’aide nécessaire pour bien manger. Renseignez-vous auprès de votre CLSC pour connaître les services existants (ex. : popotte roulante, cours de cuisine, etc.).
     
  • Priorisez les aliments qu’elle aime, même si ce sont des aliments qui n’entrent pas forcément dans la catégorie « santé ».
     
  • Ajoutez jusqu’à trois collations par jour (ex. : fromage, noix, craquelins tartinés de beurre d’arachide, etc.).
     
  • Encouragez-la à manger au moment de la journée où elle se sent le plus en forme.
     
  • Offrez-lui des aliments plus riches en énergie et en protéines. Vous pouvez ajouter de la poudre de lait dans les soupes ou les yogourts, ou encore proposer du lait ou du jus au lieu de l’eau.
     
  • Invitez-la à être active. Cela stimule l’appétit. L’activité physique permet aussi de préserver, et même d’améliorer, la masse et les fonctions musculaires.
     
  • Invitez-la à manger avec d’autres personnes.

Utilisation de suppléments

En plus des interventions nutritionnelles, des ajouts de suppléments peuvent être considérés, surtout chez les patients ayant peu d’appétit.

Par contre, ils ne doivent pas remplacer un repas, mais plutôt être utilisés comme collation entre les trois repas de la journée.