UNE JOURNÉE DANS LA VIE DE... VIVIANE TREMBLAY, INFIRMIÈRE AUX SOINS INTENSIFS

Viviane Tremblay

Prendre soin des patients, c’est inscrit dans ses gènes. Petite-fille et fille d’infirmières, Viviane Tremblay nous ouvre les portes des soins intensifs du CHUM. Rencontre avec une infirmière inspirante qui jongle admirablement bien avec les décharges d'adrénaline pour donner une seconde chance à ses patients.

Découvrez en images le travail de Viviane Tremblay! > voir la vidéo

En quoi consiste le travail d’infirmière aux soins intensifs?

Viviane Tremblay : Aux soins intensifs, nous recevons des patients dont l’état de santé est critique et instable. Tout peut leur arriver à n’importe quel moment. Mon rôle est donc de surveiller en permanence les paramètres vitaux (hémodynamique, neurologique, pulmonaire, etc.), selon l'état du patient et d’être attentive au moindre signe annonciateur d’une complication. Je dois anticiper tout ce qui pourrait survenir et intervenir au quart de tour lorsque nécessaire. C’est la raison pour laquelle je m’occupe seulement d’un ou deux patients à la fois. Par contre, je les connais de la tête aux pieds, leurs antécédents, leurs problèmes de santé, les résultats de leurs analyses médicales.

Je joue également un rôle pivot dans la coordination des interventions des autres professionnels auprès du patient (psychologue, nutritionniste, pharmacien, etc.).

Pourquoi avoir choisi de travailler aux soins intensifs?

VT : J’ai occupé différents postes au sein du CHUM. J’ai été préposée aux bénéficiaires pendant mes études d’infirmière, puis infirmière en cardiologie, une fois mon diplôme en poche. J’ai également travaillé au Service des grands brûlés, avant de devenir, pendant quelques années, conseillère en soins infirmiers. Assez rapidement, j’ai compris que les patients me manquaient. Il fallait que je retourne auprès d’eux. Travailler aux soins intensifs me permet de concilier ma passion pour la cardiologie et mes forces. J’aime pousser mes connaissances plus loin, comprendre le pourquoi du comment. J’aime également être auprès des patients.

À quoi ressemble une journée type?

VT : Il n’y a pas de journée type aux soins intensifs! C’est ça la beauté de la chose!

Je ne sais jamais ce qui m'attend au cours de la journée. Ce matin, dès le départ, j’ai dû gérer plusieurs urgences. Trois infirmières sont venues me prêter main-forte. Cet après-midi c’est plus calme. Demain, ce sera encore différent. Il faut aimer carburer à l’adrénaline. Moi, j’adore ça!

Quels sont les principaux défis qui s’imposent à vous dans le cadre de votre travail?

VT : Le nouvel hôpital nous a demandé une certaine adaptation. Les lieux physiques représentent un défi parce que nos patients ne sont pas forcément dans des chambres adjacentes. Nous avons des moniteurs à notre poste pour surveiller leurs fonctions vitales en tout temps. Mais j’aime les avoir sous les yeux parce qu’ils ont besoin d’une surveillance étroite. Donc, on marche beaucoup dans une journée!

Mais la belle surprise du nouvel hôpital, c’est la nouvelle équipe des soins intensifs née de la fusion de celles des trois hôpitaux : Hôtel-Dieu, Hôpital Notre-Dame, Hôpital Saint-Luc. J’y ai fait de belles rencontres. Nous mettons nos forces en commun. Lors d’une intervention, on se répartit naturellement les tâches. Je laisse intervenir une collègue qui a une excellente rapidité d’exécution, pendant que je m’occupe des proches du patient afin de leur expliquer ce qui se passe et les rassurer. Nous avons une super belle équipe, soudée, et j’en suis très heureuse.

Quelles sont les principales qualités nécessaires pour travailler aux soins intensifs?

VT : Il faut être minutieux, avoir un sens de l’observation aigu, être attentif au moindre signe, car cela peut tout changer. Je dois connaître parfaitement le profil de mes patients, connaître tous les systèmes du corps humain pour pouvoir anticiper tout ce qui pourrait mal aller et agir rapidement. En situation d’urgence, c’est action-réaction. Il faut travailler vite et rester calme. Il faut aimer l’adrénaline que cela procure et surtout faire preuve d’une excellente résistance au stress!

Nos responsabilités sont très grandes, mais, en même temps, on peut compter sur l’équipe. Je ne suis jamais seule. Si on a un doute, il ne faut jamais hésiter à demander de l'aide. Un médecin est toujours disponible pour répondre à une question. C’est essentiel.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail?

VT : C’est un très beau métier. Mon travail, et celui de l’équipe des soins intensifs, est de donner à nos patients une deuxième chance de vivre. J’ai beaucoup de beaux souvenirs. À leur arrivée, leur état de santé est critique et doucement ils vont mieux jusqu’à quitter notre service. Il arrive que les journées me rentrent dedans quand un patient va vraiment mal et qu’on n’arrive pas à l’aider comme on le voudrait. Mais heureusement c’est rare. La majorité du temps, lorsque je termine ma journée, je suis heureuse et je pars l’esprit en paix. J’ai fait tout ce qui était nécessaire et ma consœur qui prend le relais fera la même chose. Je sais que mes patients sont entre de bonnes mains.

Les soins intensifs au CHUM sont divisés en trois zones :

  • la zone cardiologie pour les patients ayant subi une intervention chirurgicale, comme un remplacement de valves ou un pontage
  • la zone neurologie pour les patients ayant subi un AVC, une hémorragie cérébrale ou un traumatisme crânien, ainsi que pour les patients ayant eu une greffe pulmonaire
  • la zone hépatobiliaire pour les patients ayant subi une opération au niveau pancréatique, une greffe du foie ou qui ont un cancer pancréatique