Un test sanguin pour mieux prédire les risques de complications cardiaques


Avant une intervention chirurgicale: Un test sanguin pour mieux prédire les risques de complications cardiaques

Saviez-vous que 200 millions de chirurgies non cardiaques sont réalisées chaque année dans le monde? Qu’un patient opéré sur 60 meurt dans les 30 jours suivant une intervention chirurgicale majeure? Une des causes principales des décès? Complications cardiaques. L’analyse rapide et peu coûteuse d’une prise de sang pour le cœur pourrait changer la donne. Pour les chirurgiens. Pour les patients. Des cliniciens du CHUM l’utilisent déjà.

Aujourd’hui, les outils de prédiction des risques de complications cardiaques sont encore imprécis et parfois dispendieux. Dans un article publié dans le journal Annals of Internal Medicine, la Dre Emmanuelle Duceppe, interniste et chercheuse au Centre de recherche du CHUM, démontre comment les taux sanguins d’une hormone, appelée NT-proBNP, sont fortement corrélés à des complications cardiaques majeures ou à des décès chez des patients ayant subi une chirurgie non cardiaque.

Dans cette étude menée conjointement avec des scientifiques du Hamilton Health Sciences Centre (Ontario), les chercheurs ont suivi plus de 10 400 adultes, âgés de plus de 45 ans, dans 16 hôpitaux répartis dans neuf pays. Ils ont mesuré leur taux de NT-ProBNP dans le sang avant leur intervention chirurgicale. Grâce à cette simple analyse sanguine, les cliniciens peuvent mieux discriminer les patients les plus à risque de complications cardiaques et les « classer » avec plus de précision par catégorie de risque. Ce fut le cas pour près d’un quart des participants inclus dans cette étude.

Pour information :

Trois causes principales de mortalité 30 jours après une intervention chirurgicale non cardiaque :

  • Problèmes cardiaques;
  • Infection;
  • Saignements.

Aujourd’hui, avant une intervention chirurgicale, l’évaluation préopératoire des risques cardiaques se fait principalement en se basant sur l’histoire médicale du patient couplé à un score de risque (6 niveaux). L’imagerie cardiaque, dix fois plus chère qu’un test sanguin, est parfois utilisée pour confirmer un pronostic. Elle oblige aussi le patient à revenir plusieurs fois à l’hôpital.