Se rapprocher des gens par la télésanté


Demandez son avis sur la télésanté à Rudolph De Patureaux, conseiller cadre en télésanté au Centre d’optimisation des flux réseau (COFR) du CHUM, et il vous répondra sans détour que la santé numérique doit devenir un modèle normal de soins: «On peut maintenant voir des patientes et patients et faire leurs suivis dans leur environnement naturel, grâce à la télésanté – alors il faut l’intégrer dans nos habitudes.» Adieu longues routes, bonjour la proximité!

Tout le monde y trouve son compte. La télésanté permet, grâce aux technologies de l’information, de partager l’expertise de pointe du CHUM avec les professionnelles, les professionnels et les médecins des différentes régions du Québec, et d’accompagner des patientes et patients dans la prise en charge de leur condition de santé.

Marjorie Laberge, coordonnatrice en réimplantation et ergothérapeute au Centre de la main du CHUM, estime pour sa part que la télésanté est une façon d’avoir une approche client auprès des patientes et patients suivis hors CHUM (jusqu’à 80 % des personnes traitées au CEVARMU*), qui peut être utilisée dans une multitude de domaines.

Puisqu’une image vaut mille mots, la télésanté, qui comprend notamment l’utilisation de vidéoconférences sécurisées, permet de comprendre, rassurer, conseiller et effectuer des suivis comme si l’on était dans la même pièce. «Récemment, nous avons eu une téléconsultation à trois (médecin, patiente et moi) qui a permis, en quelques minutes seulement, de constater la nécessité de procéder à une seconde chirurgie et de faire la requête opératoire, ce qui a agréablement surpris la patiente», raconte-t-elle.

La télésanté intéresse aussi la Dre Marie-Pascale Pomey, chercheuse permanente au Centre de recherche du CHUM, au Carrefour de l’innovation et de l’évaluation en santé (CIES). «Même pour les professionnelles et professionnels de la santé, la distance est vite oubliée, explique-t-elle. Et plus les années passent, plus ça devient normal pour les gens d’y recourir.»

D’autre part, la Dre Pomey mène un projet de recherche, PAROLE-CEVARMU, qui a pour objet d’évaluer l’impact du programme de soutien par les pairs au CEVARMU. Lors d’un premier projet financé par la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé, il a été possible d’établir que le soutien par un pair est un atout important pour les patientes et patients.

Il a aussi été démontré que la télésanté peut être utilisée avec des patientes et patients qui retournent chez eux et habitent loin du CHUM. Actuellement, elle réalise un essai pragmatique randomisé où des patientes et patients suivis par des pairs seront comparés à d’autres qui ne bénéficient pas d’un accompagnement. Les personnes accompagnées auront des suivis en personne, puis à distance. «On pense que le contact visuel qu’offre la télésanté est fort et peut être thérapeutique, énonce-t-elle, et c’est ce que l’étude nous aidera à déterminer.»

Rudolph De Patureaux peut se réjouir : les travaux de recherche et l’utilisation déjà en cours de la télésanté semblent lui donner raison, à savoir que l’humain et la technologie peuvent faire bon ménage quand vient le temps de bien soutenir nos patientes et patients.

* CEVARMU : Centre provincial d’expertise destiné aux personnes victimes d’une amputation traumatique ou nécessitant une revascularisation microchirurgicale d’urgence.
 

Marjorie Laberge, coordonnatrice en réimplantation et ergothérapeute au Centre de la main du CHUM