Exporter notre savoir pour améliorer la santé mondiale


Rattachée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, l’Unité de santé internationale (USI) réalise des activités de coopération internationale pour le CHUM, avec lequel elle entretient un partenariat privilégié. Rencontre avec Karina Dubois-Nguyen, directrice de l’organisme.

Cet article est extrait du CHUMAGAZINE – Automne 2019

Qu’est-ce que l’USI?
L’USI a été créée au sein de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal il y a 30 ans, à l’initiative de professeurs qui avaient à cœur le développement international. Elle est rattachée, depuis 2013, à l’École de santé publique.
 
Nous visons l’amélioration de la santé des populations dans les pays à faible et moyen revenus. Nos champs d’expertise en santé publique sont très vastes (élaboration et mise en œuvre de politiques, programmes et services de santé, développement de compétences, santé et droits sexuels et reproductifs, mobilisation communautaire, etc.). Nous nous intéressons aussi à la formation, à la qualité et à la gestion des services de santé. Quinze projets sont en cours, surtout en Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, ainsi qu’en Haïti. À ce jour, nous avons réalisé plus de 110 projets, dans près de 30 pays!  

Qui sont vos collaboratrices et collaborateurs ainsi que vos partenaires?
Une douzaine de personnes travaillent au siège social, à Montréal, et environ 80 autres agissent sur le terrain. Nos partenaires sont multiples : organismes à but non lucratif ou non, ministères de la Santé, régions sanitaires, hôpitaux, groupes de citoyens… Pour que ça fonctionne, il ne faut pas « faire à la place de », mais plutôt accompagner les gens pour renforcer leurs capacités et leurs compétences.

Qu’en est-il de votre collaboration avec le CHUM?
Nous réalisons des projets en partenariat avec le CHUM depuis une vingtaine d’années. L’expertise développée ces dernières années au Québec et au CHUM pour la planification et la transformation de nos hôpitaux (construction, déménagement, nouvelles technologies) est une richesse. Ce serait dommage de ne pas en faire profiter des pays ayant de grands besoins et se développant très rapidement! Grâce à la vision d’internationalisation du CHUM, plusieurs unités au sein de l’établissement sont mobilisées pour répondre à l’appel du développement et du partage de connaissances avec d’autres institutions.

Vous avez d’ailleurs conjointement signé une entente importante cette année…
En effet, pour un projet d’appui à la gestion du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville. Le gouvernement congolais a décidé d’investir dans la transformation de son CHU de 800 lits, dont les services s’étaient détériorés. Une équipe de six personnes y est en appui, entre autres, au sein des directions générale, financière et médicale. Nous fournirons aussi de l’expertise à court terme pour d’autres secteurs, pour les soutenir dans leurs efforts.

Quels sont les grands défis du milieu de la santé au niveau planétaire?
En 2015, les Nations Unies ont établi 17 objectifs de développement durable. Nous pouvons intervenir en lien avec ces objectifs pour améliorer globalement les grands défis de la santé mondiale (égalité entre les genres, accès à des soins de qualité, gouvernance). Les plus vulnérables (comme les femmes, les adolescentes et les enfants) souffrent énormément du manque d’accès à des services de santé adéquats.

Si l’on pouvait exaucer un de vos vœux, lequel serait-ce?
Depuis la création de l’USI, tout un réseau de partenaires, au Canada et à travers le monde, s’est développé. Nous avons la chance d’avoir à Montréal et au Québec une multitude d’organisations et d’expertises dans le secteur public en santé. Il serait formidable de joindre nos forces, avec l’appui de nos gouvernements, pour répondre aux objectifs de développement durable.