Recherche sur le VIH : Nicolas Chomont et Andrés Finzi financés par les NIH


Dans le cadre des Martin Delaney Collaboratories for HIV Cure Research, les National Institutes of Health (NIH) ont accordé un financement annuel d’environ 53 millions de dollars au cours des cinq prochaines années à 10 consortiums de recherche pour trouver un « remède » au VIH. Les chercheurs Nicolas Chomont et Andrés Finzi font partie intégrante de deux de ces consortiums internationaux. Ils sont les seuls canadiens au sein de ces deux équipes multidisciplinaires.

Les Martin Delaney Collaboratories sont le mécanisme de financement phare des NIH pour la recherche de traitements curatifs contre le VIH.

L’une des subventions financera le programme DARE (Delaney AIDS Research Enterprise to Cure HIV) mené par Steven Deeks de l’Université de Californie à San Francisco. Il sera co-dirigé par Sharon Lewin (Université de Melbourne) et Louis Picker (Oregon Health and Science University). Nicolas Chomont est un des chercheurs associés. Ensemble, ils proposent une approche intégrée, à la fois immunologique, virologique et clinique pour mettre au point une thérapie qui contrôlera le virus naturellement (sans trithérapie).

Les recherches menées dans le laboratoire de Nicolas Chomont ont pour objectif de mieux caractériser les cellules dans lesquelles le VIH persiste afin de développer des stratégies qui ciblent spécifiquement ces réservoirs viraux.

Puisque les cellules infectées se situent en majorité dans les tissus profonds (intestin et ganglions lymphatiques), l’équipe de Nicolas Chomont collaborera avec des personnes vivant avec le VIH et qui acceptent généreusement de donner des échantillons de tissus ou de sang. Les techniques mises au point dans son laboratoire permettront aux membres de son équipe d’étudier chaque cellule « réservoir » indépendamment des autres et de définir leurs caractéristiques pour mieux les cibler par des approches d’immunothérapie.

Andrés Finzi, quant à lui, est membre du consortium ERASE-HIV (Enterprise for Research and Advocacy to Stop and Eradicate HIV) co-dirigé par Mirko Paiardini, Guido Silvestri et Deanna Kulpa de l’Université Emory à Atlanta.

Avec son équipe, il développera des stratégies thérapeutiques afin de diriger des cellules du système immunitaire dites « tueuses » vers les cellules infectées pour les éliminer. Andrés Finzi utilisera un cocktail développé à Montréal composé de deux anticorps naturellement présents dans le plasma des personnes infectées par le VIH et d’une petite molécule « ouvre-boîte ». Ce cocktail a déjà montré des résultats très prometteurs dans un modèle de souris humanisé. Dans le cadre de son consortium, il améliorera ce cocktail afin d’augmenter sa capacité à éliminer les cellules infectées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 38 millions de personnes vivaient avec le VIH à la fin de 2019.