Ralentir ou inverser le vieillissement : un congrès international s’est tenu au CRCHUM


Plus de 200 chercheurs dont plus de 170 venus de l’international se sont rassemblés au Centre de recherche du CHUM pour un congrès sur la sénescence cellulaire du 8 au 11 juillet dernier. On y a présenté des découvertes les plus récentes au niveau mondial en matière de sénescence cellulaire et de son rôle dans le cancer et le vieillissement. Les principaux enjeux discutés concernent les stratégies d'exploitation des connaissances sur la biologie de la sénescence pour améliorer les traitements anticancéreux et pour augmenter la santé durant le vieillissement.

Au terme du congrès, le chercheur Francis Rodier du CRCHUM, co-organisateur de l’événement et professeur agrégé au département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire de l’Université de Montréal constate une grande avancée : « Nous sortons finalement des modèles animaux qui ont démontrés les preuves irréfutables de l’effet néfaste de l’accumulation des cellules sénescentes et nous nous dirigeons maintenant vers des petites molécules qui pourraient agir en tant que médicaments d’élimination ciblée de ces cellules chez l’humain, pour guérir des maladies associées au vieillissement, soutient-il. Les premiers essais cliniques chez l’humain visant l’élimination des cellules sénescentes pour améliorer la santé ont commencé. Il y a plusieurs nouveaux joueurs qui cherchent à entrer dans la course. » Son équipe en a profité pour montrer comment et pourquoi elle doit utiliser des avatars tumoraux humains hors patients pour évaluer précisément la contribution de la sénescence cellulaire lors des thérapies anticancéreuses, particulièrement pour le cancer de l’ovaire.

Du côté de Gerardo Ferbeyre, également co-organisateur du congrès, chercheur au CRCHUM et professeur titulaire au département de biochimie de l’Université de Montréal, son équipe a présenté un nouveau mécanisme anti-cancer qui cible les protéines responsables de la division des cellules cancéreuses. « Ce mécanisme est naturellement activé dans les cellules normales qui se défendent contre le cancer et nous cherchons à le réactiver avec des médicaments dans les tumeurs malignes », souligne-t-il.