La génétique des grossesses môlaires à répétition : leçons de l’analyse complète d’une large cohorte de patientes

Le vendredi 10 mai 2019, les conférences du CRCHUM accueilleront Rima Slim, professeure adjointe au département d'obstétrique et de gynécologie et au département de génétique humaine du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Résumé

Le déterminisme génétique des môles hydatiformes récidivantes : nouvelles perspectives et leçons à tirer d’une analyse approfondie d’une vaste cohorte de patientes.

La môle hydatiforme (MH) est une maladie aberrante chez l’être humain qui se caractérise par un arrêt précoce du développement embryonnaire et une prolifération trophoblastique excessive. La môle hydatiforme récidivante (MHR) se définit par la survenue d’au moins deux môles hydatiformes chez la même patiente. Chez 60 % des patientes atteintes de MHR, les gènes NLRP7 ou KHDC3L présentent des variants pathogènes bialléliques et les MHR de ces femmes sont diploïdes biparentales. En revanche, chez les autres patientes, les types génotypiques des môles ne sont pas connus. Nous avons caractérisé 80 tissus de type MH inconnus jusqu’à présent, parmi lesquels 57 provenaient de patientes sans mutation au niveau des gènes identifiés et nous avons analysé le génotype d’un total de 123 tissus môlaires. Nous avons démontré une forte hétérogénéité chez les patientes sans mutation, chez qui seule une petite minorité des môles sont diploïdes biparentales (8 %). Nous avons découvert que les mécanismes prépondérants chez les patientes sans mutation sont androgénétiques diploïdes monospermiques (24 %) et triploïdes dispermiques (32 %); le reste des MH (36 %) ont reçu un faux diagnostic de MH en raison d’erreurs d’analyses et/ou de mécanismes inhabituels. En comparant trois paramètres associés à la sensibilité génétique chez des patientes avec ou sans mutation, nous avons démontré que les patientes sans mutation sont majoritairement des cas non familiaux, présentent moins d’interruptions de grossesse spontanées et donnent plus fréquemment naissance à un enfant vivant. Nos résultats démontrent que les patientes atteintes de MHR et sans mutation au niveau des gènes identifiés sont, généralement, différentes de celles présentant des mutations : elles présentent une sensibilité génétique moins sévère et/ou une étiologie multifactorielle sous-jacente à leur MHR. Ces données suggèrent qu’il reste à identifier quelques gènes intervenant dans la MHR et que ces derniers sont responsables des môles récidivantes et de diverses formes d’incapacités de mener une grossesse à terme.

Dans le cadre du Colloque Dr Pierre Drouin

La conférence sera présentée en anglais.

Vendredi, le 10 mai, à 11 h 45
Amphithéâtre du CRCHUM, R05.210 et R05.220
900, rue Saint-Denis, 5e étage
Montréal (Québec) H2X 0A9

Rima Slim, Ph. D.
Chercheur scientifique, axe Reproduction humaine et développement
Professeur adjoint, département d'obstétrique et de gynécologie, CUSM
Professeur adjoint, département de génétique humaine, CUSM

À propos des Conférences du CRCHUM

Les Conférences du CRCHUM sont des réunions hebdomadaires gratuites, animées par des conférenciers scientifiques de renom, issus de différentes disciplines. Ces conférences sont accréditées par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada comme activité de développement professionnel continu. 
 

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