En cardiologie, une clinique dirigée par des infirmières

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04 Janvier 2016

***Cet article est tiré du CHUMAGAZINE paru à l’automne 2015

Depuis 2013, un volet de la Clinique d’insuffisance cardiaque du CHUM est dirigé de façon autonome par des infirmières praticiennes spécialisées (IPS), en collaboration avec un cardiologue. Grâce à ce modèle novateur, la clinique a considérablement amélioré sa capacité d’accueil et réduit le temps d’attente. Que de bonnes nouvelles pour le patient!

Celles que les médias appellent souvent les « superinfirmières », les IPS rencontrent les patients, évaluent leur état de santé, et adaptent leurs traitements et médicaments. « Auparavant, explique Marie-Line Brouillette, infirmière praticienne spécialisée certifiée, le patient pouvait attendre trois mois avant d’avoir son rendez-vous de suivi après sa sortie de l’hôpital. Nous pouvons maintenant le voir dans un délai de deux à trois semaines! » 

Les IPS de la clinique travaillent de façon collaborative avec des infirmières cliniciennes et d’autres professionnels de la santé tels que psychologue, travailleur social, kinésiologue et nutritionniste, afin de favoriser la prise en charge globale du patient. « Même si nous sommes habilitées à poser certains gestes médicaux, il ne faut pas oublier que l’IPS est d’abord et avant tout une infirmière, ajoute Marie-Line Brouillette. Une bonne part de notre travail consiste à accompagner le patient, à favoriser l’adhésion à son traitement et à l’aider à adopter des habitudes de vie plus saines, tout en dénouant parfois des situations de vie très complexes. »  

Un modèle novateur qui améliore l’accès aux soins 

Le vieillissement de la population, jumelé au fait que de plus en plus de gens survivent à une crise cardiaque, a entraîné une montée en flèche des cas d’’insuffisance cardiaque. Plus de 50 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année au pays. La majorité des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque sont âgées de plus de 65 ans. En plus d’augmenter le taux de survie, un bon suivi permetd’améliorer leur qualité de vie.   

« Nous ne pouvions tout simplement pas suffire aux besoins de la population, explique le Dr François Tournoux, directeur de la clinique et vice-président de la Société québécoise de l’insuffisance cardiaque. Les IPS ont les compétences pour assurer le suivi des patients dont l’état est plus stable. C’est un modèle novateur qui permet de libérer les cardiologues afin qu’ils puissent se concentrer sur les patients nécessitant une intervention plus complexe. La mise en place de la clinique IPS a été une vraie bouffée d’oxygène! »

Quel est le rôle de l’infirmière praticienne spécialisée?

En plus des activités propres à sa profession d’infirmière, l’infirmière praticienne spécialisée (IPS) a l’autorisation de prescrire certains examens, traitements  et médicaments. Elle applique aussi des techniques et traitements médicaux habituellement réservés aux médecins. L’IPS exerce dans un domaine spécialisé : la cardiologie, la néphrologie (maladies des reins), la néonatalogie ou les soins de première ligne (soins généraux). On compte actuellement plus de 308 IPS au pays, dont 30 en cardiologie.

Quelle est sa formation?

En plus d’une maîtrise en soins infirmiers, l’IPS possède un diplôme complémentaire en sciences médicales. Pour exercer, elle doit recevoir une certification professionnelle de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) ainsi que du Collège des médecins du Québec (CMQ). Depuis juillet 2014, le CHUM reçoit des stagiaires IPS. 

Sur la photo: Stéphanie Béchard, Nathalie Nadon et Marie-Line Brouillette, infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en cardiologie. Nathalie Nadon a été la première IPS certifiée en cardiologie au Québec en 2005.

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