Cancer de la prostate: les hommes au rendez-vous

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03 Octobre 2016

Le 29 septembre dernier avait lieu une soirée d’information publique consacrée au cancer de la prostate. Un rendez-vous unique entre patients et médecins spécialistes du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). À voir l’intérêt des participants et le nombre de questions soulevées, il semble que ce type d’activité répondait à un réel besoin pour les hommes et leurs proches. 

Comprendre le cancer de la prostate pour mieux l’apprivoiser

Quand traiter un patient et quand opter pour une surveillance active? Quelle option choisir parmi tous les types d’opération et de traitement offerts: radiothérapie, curiethérapie, hormonothérapie, chirurgie laparoscopique ou robotique, etc.? En cas de complications menant à des problèmes d’incontinence ou de dysfonction érectile, quels moyens employer pour améliorer les fonctions du patient et sa qualité de vie?

Les conférenciers, des spécialistes en oncologie et un patient du CHUM, ont fait un tour d’horizon complet de la maladie, dans un langage clair et facile à comprendre. Les participants ont même pu observer, par vidéo, les étapes d’une opération avec robot chirurgical et prendre connaissance, en images, de nouvelles techniques ciblées, comme la curiethérapie, ces billes radioactives insérées dans la prostate. Cette soirée a donné aux participants l’occasion d’avoir un accès privilégié à l’information la plus actuelle et la plus pertinente, de mieux comprendre la maladie, de connaître les options offertes, les complications possibles et de faire des choix éclairés en matière de traitement.

La personne, au cœur de toutes les décisions

«Devant la maladie, il y a d’abord et avant tout une personne,» insiste le Dr Fred Saad, premier conférencier de la soirée. Coauteur d’un best-seller intitulé Le cancer de la prostate, directeur de l’unité d’urologie oncologique du CHUM et directeur de la Chaire de recherche sur le cancer de la prostate de l’Université de Montréal, le Dr Saad a beau avoir une connaissance encyclopédique de la maladie et de sa progression, il soutient que la clé du traitement réside dans la discussion avec le patient.

«Pour choisir les meilleures modalités de traitement, il faut tenir compte de l’âge du patient, de son espérance de vie, de son état de santé général, du grade et du taux de virulence de la maladie, qui est mesuré notamment par le test de l’antigène prostatique spécifique (APS). Il faut améliorer à la fois la survie et la qualité de vie du patient!» Ce dosage délicat entre la nécessité ou non d’intervenir, le «surtraitement» ou le «sous-traitement», a d’ailleurs fait partie des discussions de plusieurs des conférenciers invités.

D’espoir et de recherche 

Les options de traitement du cancer de la prostate ont beaucoup progressé grâce à la recherche. La dernière décennie a vu naître une foule de nouveaux médicaments et de traitements plus ciblés. Il y a environ trois ans, le Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) a reçu une somme de cinq millions de dollars, le plus gros octroi accordé au Canada, pour trouver des biomarqueurs en cancer de la prostate. Véritable promesse d’avenir, ces biomarqueurs aideront les médecins à adapter chaque traitement à chaque patient, en fonction de sa biologie, c’est ce qu’on appelle la médecine personnalisée. Par ailleurs, 10 nouveaux médicaments sont actuellement à l’essai.

Survivant d’un premier cancer de la prostate en 1998 et d’une récidive en 2012, le maître de cérémonie de la soirée, M. Claude Chicoine, est un ardent défenseur de la recherche. Cofondateur du groupe de soutien en cancer de la prostate du CHUM, mis sur pied en 1999, il aide d’autres hommes comme lui à s’en sortir. Depuis quatre ans, son APS est à zéro. Une victoire humaine et médicale! C’est ce qui lui fait dire avec fierté: «J’appartiens à ce parti d’opposition qu’on appelle la vie.» (Honoré de Balzac) 

Quelques chiffres, statistiques et conseils

Le cancer de la prostate est le type de cancer le plus diagnostiqué en Amérique du Nord. Même si beaucoup d’hommes y survivent, il s’agit du troisième type de cancer le plus meurtrier. Le CHUM traite le plus grand nombre de  cancers avancés dans la province, ce qui en fait le plus grand centre en cancer de la prostate en termes de diagnostic et de traitement.

Les principaux facteurs prédisposant au cancer de la prostate seraient l’âge, puisque les hommes vivent de plus en plus vieux, et l’hérédité, tout comme le cancer du sein. Des écarts marqués entre différents pays et continents portent à croire qu’une alimentation riche en fibres et faible en gras, ainsi qu’un bon niveau d’ensoleillement (la fameuse vitamine D), seraient des facteurs de protection. Le conseil du Dr Saad aux hommes : pensez à votre cœur et adoptez de sains habitudes de vie. Ce qui est bon pour le cœur l’est forcément pour la prostate.


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Sur la photo:
Dr Fred Saad, urologue, Dr Jean-Baptiste Latouff, urologue, Dre Guila Delouya, radio-oncologue, M. Claude Chicoine, co-fondateur du Groupe de soutien en cancer de la prostate du CHUM, Dr Luc Valiquette, urologue.