Le succès d’une transplantation rénale : une question d’âge et de sexe?

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08 Juin 2017

Une nouvelle étude met en avant le rôle des œstrogènes dans le succès de greffes et suggère que les patients pourraient bénéficier d’une immunosuppression personnalisée

La réussite d’une transplantation rénale dépendrait de l’âge et du sexe du receveur et du donneur, selon une recherche qui vient d’être publiée dans le Journal of the American Society of Nephrology. L’étude dirigée par une équipe de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) en collaboration avec le Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), révèle que chez les jeunes femmes, les greffes rénales donneraient de moins bons résultats  que chez leurs homologues masculins, alors que les femmes ménopausées, elles, auraient des résultats similaires ou légèrement meilleurs que les hommes du même âge. Ces résultats ouvrent la voie à une nouvelle approche de la transplantation d’organes, et pourraient conduire à des stratégies d’immunosuppression personnalisées en fonction de l’âge et du sexe biologique de la personne.  

« C’est la première étude qui se penche sur les différences de risque de rejet après une greffe d’organe, selon le sexe et l’âge du receveur », dit l’auteure principale de l’étude, la Dre Beth Foster, qui est chercheuse à l’IR-CUSM et néphrologue-pédiatre à l’Hôpital de Montréal pour enfants du CUSM. « Les études précédentes n'ont pas révélé de différences notables dans le succès de greffes entre les deux sexes, mais elles concernaient exclusivement des adultes, dont la plupart étaient plus âgés. Nous avons voulu vérifier si les différences attribuées au sexe dans la survie du greffon dépendent de l’âge. » 

Les chercheurs ont évalué les dossiers de près de 160 000 receveurs de transplantation rénale dans la base de données du registre scientifique des receveurs d’organes (The Scientific Registry of Transplant Recipients en anglais), qui inclut tous les receveurs d’organes aux États-Unis.  Les chances de succès de la transplantation ont été évaluées en fonction de l’âge et du sexe du receveur et du donneur. 

« Nous avons constaté que lorsque le donneur d’organe était de sexe masculin, le risque de rejet de la greffe était plus fort pour les femmes que pour les hommes, tout âge confondu », explique Fanny Lepeytre, première auteure de cette étude et chercheuse postdoctorante au CRCHUM pour ce projet. « Cependant, nous avons aussi remarqué que lorsque le donneur était une femme, seules les femmes receveuses âgées de 15 à 24 ans avaient des moins bons résultats que leurs homologues masculins. En fait, les femmes receveuses d’organes âgées de 45 ans et plus avaient un taux de survie de greffon légèrement supérieur aux hommes du même âge lorsque le donneur était une femme. »

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