LE CHUM RÉALISE LA PREMIÈRE TRANSPLANTATION POUMONS-FOIE AU QUÉBEC

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04 Décembre 2012

Une première transplantation combinée poumons-foie au Québec a récemment été réalisée avec succès au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Il a fallu près de douze heures à une solide équipe d’une vingtaine de personnes composée notamment de chirurgiens-transplanteurs, d’anesthésistes, d’inhalothérapeutes, de perfusionnistes et d’infirmières pour effectuer cette greffe de trois organes sur Alexandre Grégoire, un jeune homme de 33 ans.

Pour cette première québécoise qui s’est déroulée au début de l’automne, deux équipes distinctes sont intervenues à tour de rôle. L’équipe de greffe hépatique opère à partir de l’Hôpital Saint-Luc, mais pour optimiser les chances de réussite de l’opération, cette équipe s’est déplacée à l’Hôpital Notre-Dame. On a d’abord effectué une double greffe pulmonaire, puis une fois le patient stabilisé, la deuxième équipe a transplanté le foie. Les trois organes, deux poumons et le foie, provenaient du même donneur.

« Nous sommes extrêmement satisfaits des résultats de cette première transplantation combinée poumons-foie », explique le Dr Pasquale Ferraro, chef du service de la chirurgie thoracique et directeur chirurgical du programme de transplantation pulmonaire et titulaire de la Chaire Alfonso Minicozzi et Famille de chirurgie thoracique et transplantation pulmonaire. « Ce fut une expérience positive sur le plan humain, technique, médical et scientifique, et surtout un extraordinaire travail de collaboration entre les équipes pulmonaire et hépatique du CHUM », ajoute-t-il.

Le Dr Richard Létourneau, chirurgien hépatique, insiste également sur l’aspect collaboratif de cette intervention. « Nos deux équipes de chirurgie de transplantation travaillaient ensemble pour la première fois. Elles ont réalisé des prouesses d’organisation et de logistique pour ce cas. Qui sait, l’expérience ne se renouvellera peut-être pas avant dix ans? ». En effet, il s’agit d’une intervention plutôt rare. À ce jour, elle a été pratiquée environ une quinzaine de fois aux États-Unis; au Canada, on compterait quelques cas réalisés en Ontario.

Le Dr Charles Poirier, chef du service de pneumologie et directeur médical du programme de transplantation pulmonaire, et le Dr Marc Bilodeau, hépatologue, suivent le patient depuis plusieurs années. Ils sont ravis des résultats de la chirurgie et rappellent que cette transplantation combinée poumons-foie était nécessaire dans le cas Alexandre Grégoire. « En raison de ses problèmes hépatiques, on ne pouvait pas prendre le risque de faire une greffe pulmonaire seulement », précisent les deux médecins. « Nous sommes heureux de constater que la convalescence d’Alexandre Grégoire se déroule bien. Après des années d’inquiétudes, c’est rassurant qu’il puisse enfin voir sa santé s’améliorer ».

Le patient greffé

Âgé de 33 ans, Alexandre Grégoire souffrait depuis son enfance de fibrose kystique et de problèmes hépatiques. Au cours des deux dernières années donc avant sa transplantation, il était hospitalisé à l’Hôtel-Dieu du CHUM de façon régulière, à raison de deux à trois semaines à tous les deux mois pour des traitements d’antibiotiques. Il était en attente d’une greffe combinée depuis plus d’un an.

« Quand j’ai eu un appel de Dr Ferraro me disant qu’on avait trouvé un donneur compatible, j’en croyais pas mes oreilles », raconte Alexandre Grégoire. « Ensuite, j’ai éprouvé un sentiment de peur mélangé avec du soulagement. Mon frère Vincent, qui est lui aussi atteint de fibrose kystique et qui a reçu une greffe pulmonaire voilà six ans, m’a beaucoup encouragé et soutenu ».

De nature dynamique, celui qui a subi cette greffe combinée poumons-foie, explique qu’il est surpris de voir à quelle vitesse il récupère « Depuis ma sortie de l’hôpital, je vais de mieux en mieux chaque jour. Je suis très reconnaissant envers le donneur et à sa famille. J’aimerais remercier les médecins du CHUM qui me suivent depuis l’âge de 18 ans, incluant ceux de l’Hôtel-Dieu, ainsi que les deux équipes de transplantation qui ont réalisé ce qui est pour moi un grand miracle de la vie », ajoute le greffé.

Don d’organes

L’équipe de transplantation hépatique au CHUM réalise de 50 à 60 greffes par année. Depuis 1997, année du début du programme de transplantation pulmonaire, le Centre hospitalier a réalisé quelque 425 greffes pulmonaires. Le CHUM a aussi à son crédit environ neuf greffes combinées cœur-poumons et deux greffes poumons-reins.

Selon Transplant Québec, plus de 1200 Québécois sont en attente d’une transplantation d’organes qui pourrait améliorer leur qualité de vie et leur assurer une meilleure survie. Par contre, chaque année on compte environ 60 patients qui décèdent avant d’obtenir une greffe, perdant ainsi leur bataille contre une maladie terminale.

« Comme société, nous pouvons faire mieux au chapitre du don d’organes », affirme Dr Jean François Lizé, chef des soins intensifs à l’Hôpital Notre-Dame du CHUM, et directeur médical adjoint à Transplant Québec. « Nous devrions être de plus en plus nombreux à choisir l’option du don d’organes en fin de vie. Pour ce faire, les Québécois et les Québécoises peuvent s’inscrire aux différents registres permettant de signifier leur désir quant au don d’organes comme le registre de la RAMQ, le registre des Notaires du Québec et la signature de la carte d’assurance maladie. Nous devrions également profiter des retrouvailles des Fêtes pour signifier à nos proches notre souhait de faire un don de vie. Un don d’organe peut changer la vie de patients en attente d’une transplantation », ajoute le Dr Lizé.

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À propos du CHUM
Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) est l’un des plus grands centres hospitaliers universitaires en Amérique du Nord. Reconnu pour l’excellence de ses soins et l’expertise de ses spécialistes, il accueille chaque année plus d’un demi-million de patients provenant de la grande région montréalaise, mais aussi d’ailleurs au Québec. L’application d’approches de soins novatrices, la recherche de nouvelles connaissances, la promotion de la santé, de même que la transmission du savoir sont au cœur de sa mission. Riche de son histoire, le CHUM est résolument tourné vers l’avenir, avec la construction en cours de ses futures installations et de son centre de recherche au centre-ville de Montréal, un projet global de 2,5 milliards de dollars sur un site unique. Dès 2013, le Centre de recherche du CHUM ouvrira ses portes. Il sera suivi en 2016 par l’ouverture du nouveau CHUM, un centre hospitalier universitaire de calibre international qui vibrera au même diapason que sa communauté dont il est un acteur important. Le CHUM préconise une perspective citoyenne en s’inscrivant dans une logique de développement durable et une approche urbaine concertée. Il est également un membre actif du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS) de l’Université de Montréal. chumontreal.com

Source :
Direction des communications
Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM)

Renseignements :
Sylvie Robitaille
Conseillère en communication
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